Aux portes de la finale, personne ne veut repartir les mains vides et la tête baissée. Ce soir, à partir de 20h00 dans le stade de Franceville, il y aura une empoignade des plus prestigieuses.

Le Ghana, quadruple champion d’Afrique, confronté au Cameroun, couronné à trois reprises pour le compte de la demi-finale de la Coupe d’Afrique des nations 2017 (15 janvier – 05 février au Gabon). Les cartes de visite à elles seules reflètent le prestige de ce choc continental avec deux sélections qui ont leurs traditions dans cette épreuve. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elles ne sont affrontées qu’à 2 reprises en phase finale du rendez-vous phare du football continental.

Le moins que l’on puisse dire c’est que les deux adversaires du jour sont des habitués de l’enjeu de cette envergure. Les billets pour le banquet final, Ghanéens et Camerounais en ont compostés par le passé. Les Ghanéens comptent 9 présences en finale (meilleure performance de l’histoire) contre 6 pour les Camerounais. La différence, c’est la forme des deux sélections ces dernières années. Les « Black Stars » viennent d’atteindre le carré d’as pour la 6e fois d’affilée alors que les « Lions Indomptables » le retrouvent après 13 longues années d’attente. Après la retentissante qualification contre le Sénégal, grand favori pour le sacre final, le sélectionneur Hugo Broos savait qu’il venait, avec ses poulains, de réaliser l’un des exploits de la CAN gabonaise. « C’est un grand jour pour mon équipe. Peu de gens pensaient que nous franchirions ce cap et que nous serions en demi-finale. Nous avons joué contre une très forte équipe du Sénégal. Nous nous sommes battus comme jamais et nous avons contrecarré leurs multiples attaques. La chance était aussi de notre côté. Je félicite ma très jeune équipe. Elle mérite vraiment d’être qualifiée. Quatorze de mes joueurs disputent pour la première fois une Coupe d’Afrique des Nations et notre ambition a toujours été d’aller loin. L’élément le plus important était de jouer en équipe sur le terrain. En ce sens, vous ne pouvez pas dire qu’un joueur en particulier a été meilleur. Nous avions besoin de ce genre de performance contre un adversaire comme le Sénégal. Les joueurs l’ont réussi de façon fantastique» s’est réjoui l’ancien entraîneur du NA Hussein Dey et de la JS Kabylie. S’ils ont su se montrer solides, les camarades de Vincent Aboubakar ont eu besoin de beaucoup de chances pour se retrouver à ce stade de la compétition. Un seul succès en quatre sorties pour 3 buts marqués et 2 encaissés, c’est le bilan mitigé de l’équipe quadruple championne d’Afrique (1984, 1988, 2002 et 2002) qui se retrouve, toutefois, là à jouer une place en finale. Et ce, malgré nombreux signes alarmants à l’aube de la messe africaine où 7 joueurs cadres ont décidé de renoncer à jouer ce tournoi. Des défections qui ont obligé le coach à revoir ses plans et de faire appel à de nouveaux éléments. Plus de la moitié de l’effectif découvre la CAN pour la toute première fois. Parmi eux, le portier Fabrice Ondoa qui y est pour beaucoup dans le parcours des siens. L’apport du sélectionneur est lui aussi loué. « Je ne peux pas dire que l’on soit si loin de 2015. Ce n’est pas que nous n’étions pas concernés, mais je pense qu’aujourd’hui, il y a plus de solidarité », avoue l’attaquant Edgar Sali. Après l’arrivée de Broos, les cartes ont été redistribuées. Lors de ses quatre premières rencontres sur le banc, il a changé l’équipe type à chaque fois. «Ce qui nous a permis de rester soudés et concentrés», souligne Salli. «Tout le monde peut jouer dans l’équipe. En demi-finale, il peut y avoir encore d’autres surprises, mais on est tous prêts et motivés», explique le milieu de terrain Arnaud Djoum. La concurrence et l’envie constante de se battre pour sa place expliqueraient la solidarité affichée par l’équipe.

Un Ghana serein
Dans des circonstances contraires, les Ghanéens sont plus soudés que jamais. Stabilité de l’effectif et constance de résultats, telle est la recette pour perdurer et s’assumer avec un fardeau de favori en force qui ne les a jamais dérangés. « On est ensemble depuis des années, on a la confiance de l’encadrement donc tout se passe naturellement sur le terrain. Il reste encore deux matches, un match surtout. Cela va être une rencontre très compliquée mais on va tout faire pour (se qualifier). Si le (Cameroun) est arrivé là, c’est qu’ils ont de la qualité. Ils ont des joueurs pas trop connus mais ils ont un collectif fantastique et ça va être un match très compliqué», analysé le centre-avant Jordan Ayew qui n’est autre que le gendre de la légende Abédi Pelé. Avec son frère André, ils sont une véritable force de frappe offensive ayant inscrit 3 des 4 banderilles de leur team dans cette campagne. L’autre réalisation était l’œuvre de l’expérimenté Gyan Asamoha. Le buteur historique du Ghana et joueur le plus capé de l’histoire avec 100 sélections devrait faire son retour dans le onze après avoir manqué le quart de finale contre la République Démocratique du Congo (victoire 2 buts à 1) pour cause de blessure. Un renfort important pour tenter de dompter les « Lions » du Cameroun difficiles à maîtriser. Surtout quand on sait qu’ils ont échoué à passer l’obstacle des demies deux fois seulement en 8 tentatives. Un taux de réussite de 75%. En outre, la dernière fois où ils ont rallié la finale, c’était au détriment du Ghana, à Accra s’il-vous-plaît. C’était lors de l’opus 2008. Les « Brésiliens de l’Afrique » ont donc une revanche à prendre. Pour clore, soulignons que c’est le referee Gambien Bakary Papa Gassam qui sera au sifflet. Il sera assisté par Jean Claude Birumushahu (Burundi) et Waleed Ahmed Ali (Soudan) alors que le Marocain Redouane Achik sera le quatrième arbitre.