Une place en finale. Une opportunité pour poursuivre l’aventure dans la 31e édition de la Coupe d’Afrique des nations (14 janvier – 05 février au Gabon).

Le Burkina Faso et l’Egypte se disputent, ce soir à 20h00 au Stade d’Angondjé de Libreville, le sésame du bonheur. La meilleure attaque toujours en lice dans la campagne gabonaise (6 buts marqués) contre la plus solide des défenses (0 but concédé) respectivement. Le feu face au fer. Ça risque de ferrailler ! Surtout que les Egyptiens n’ont pas gouté à la défaite depuis 23 matchs continentaux.

A la pesée des palmarès, il n’y a pas photo. Les Egyptiens, avec leurs 7 consécrations (1957, 1959, 1986, 1998, 2006, 2008 et 2010), sont très loin devant des Burkinabés qui ne comptent qu’une seule finale (2013), perdue d’ailleurs, à leur actif. C’est le seul haut fait de l’ancienne Haute-Volta qui fait office de « cheval noir » dans cet opus 2017 après avoir surpris plus d’un il y a 4 ans. A l’époque, lors de l’épreuve abritée par l’Afrique du Sud et remportée par le Nigeria, les « Etalons » ont passé tous les obstacles avant de buter sur l’expérience et le vécu continentaux des Nigérians. Toutefois, sur les terres sud-africaines, les camarades de Charles Kaboré, qui envisage de partir en retraite à l’issue de cette compétition, s’étaient offert le scalp d’un vrai ténor : le Ghana en l’occurrence. C’est pour dire que les poulains de Paulo Duarte, à la tête de la part technique pour presque 7 années de cumulées (2007 à 2012 et un retour aux affaires en 2016), vont aborder cette partie face aux «Pharaons» sans aucun complexe. En tout cas, l’ambition est carrément affichée chez les joueurs.» Je pense qu’on est plus fort qu’en 2013, parce qu’à l’époque on avait réalisé notre premier grand parcours. Maintenant, on a acquis beaucoup d’expérience et on a de nouveaux joueurs qui ont un très bon niveau. Cette expérience va nous permettre de corriger certaines erreurs de 2013 et j’espère que cette fois-ci on ira jusqu’au bout», prévient le défenseur Bakary Koné. Les atouts, les camardes du talentueux Bertrand Traoré en ont. Même les éléments qui entrent en cours de jeu font la différence comme ce fut le cas en quart de finale contre la Tunisie. Face aux « Aigles de Carthage », c’était le remplaçant Aristide Bancé qui avait décanté la situation avant que Préjuce Nakoulma ne fasse le break. » On est très content, parce qu’on savait que ça n’allait pas être facile. On a eu, en face de nous, une très grande équipe de Tunisie. Il fallait qu’on soit tactiquement bien en place. Nous avons été patients et nous avons profité des erreurs des Tunisiens. L’entraîneur a l’habitude de dire que ce sont les joueurs qui sont sur le banc qui vont gagner les matches la plupart du temps. C’est ce qui s’est passé avec Aristide Bancé. On a une demi-finale à jouer maintenant, mais il n’y a pas plus de pression, car pour nous, cela reste un match de football. En tout cas, on veut vraiment faire mieux qu’en 2013, où nous avons été finalistes malheureux», avait affirmé le milieu de terrain Abdou Razack Traoré après le succès contre les Tunisiens. L’âme et la complémentarité du groupe y sont pour beaucoup dans ce superbe parcours. Le coach Portugais est comme ses protégés. Il n’a pas peur de révéler son intention d’aller jusqu’au bout : «Cette équipe, c’est comme une maison, et je l’ai construite. Dès mon arrivée, j’ai qualifié le Burkina pour deux CAN successives en 2010 et 2012. Pourtant, elle n’avait ni expérience ni de maturité. A l’époque, j’avais commencé un projet pour que le Burkina Faso remporte la CAN », a-t-il reconnu.

Les « Pharaons » insubmersibles ?
Si triompher est un rêve pour le Burkina, il n’est que nature et un retour à la normale pour leur adversaire du jour. L’Egypte, un géant de l’Afrique du football qui sort, petit à petit, d’une torpeur de 7 ans. De l’euphorie du retentissant et historique triplé (2006, 2008 et 2010) à la léthargie des trois éditions manquées par la suite. Les Egyptiens sont tombés de très haut au point de toucher le fond. Pour Mohamed Salah & cie, est venu le temps de renaître des cendres. Les « Pharaons » se nourrissent du passé glorieux pour retrouver de la force afin de conquérir, de nouveau, les devants de la scène continentale. Hector Cuper et ses ouailles, visent, tout simplement, une 9e finale en 23 participations et 15 présences dans le fameux et prestigieux carré d’as. Les seuls à avoir fait mieux sont les Ghanéens qui ont disputés 9 finales mais pour 4 couronne seulement. Par ailleurs, l’Egypte, avec 3 éliminations en demies et 11 passages avec succès, n’a pas souvent échoué à rallier la dernière étape une fois à ses portes. Un pourcentage succès avoisinant les 80%. Les héritiers de Mohamed Aboutrika semblent armés pour rééditer cet exploit. Spécialement sur le plan algorithmique. D’autant plus qu’ils ont certains atouts. Au-delà des individualités qui peuvent faire la différence à tout moment, il y a cette robuste arrière-garde qui n’a pas été percée depuis le début de la CAN. En outre, les Septuples champions d’Afrique n’ont pas perdu dans la messe continentale depuis 23 rencontres. La dernière défaite remonte au 29 janvier 2004 à Sousse (Tunisie) face à… l’Algérie de Hocine Achiou et ce but « Maradonèsque » dont beaucoup s’en souviennent. La sélection aux 7 étoiles espère bien filer en finale. Les arguments, historiques et présents, sont là. Juste que le driver argentin de l’équipe la plus titrée en Afrique devra faire sans le régulateur de l’entre-jeu Mohamed El Neny touché au mollet et qui ne sera pas rétabli pour cette empoignade. Le sociétaire d’Arsenal pourrait, en revanche disputer la finale si ses compères parviennent à se qualifier. A défaut, il se contentera de la rencontre comptant pour le bronze. In fine, il est utile de souligner que le vainqueur affrontera l’équipe qualifiée entre le Ghana et le Cameroun qui joueront demain à la même heure au stade de Franceville.