Par Feriel Nourine
Comme à chaque entame du mois, depuis maintenant un peu plus de deux années, les pays consommateurs de pétrole auront aujourd’hui l’oreille à l’écoute de Vienne où se tient une nouvelle réunion ministérielle, par visioconférence, de l’Opep+.
Un rendez-vous qu’attendent chaque fois ces pays avec l’espoir de voir l’alliance, composée des membres de l’Opep et leurs dix partenaires non-membres, ouvrir davantage les vannes de brut et mettre sur le marché des quotas qui assurent une offre suffisante à alimenter leurs besoins énergivores, mais aussi susceptible de provoquer une baisse des cours.
Dans cette logique, la pression occidentale sur les pays producteurs d’or noir n’est pas une pratique nouvelle mais a de de tout temps était exercée. Elle ne représente aucunement une nouveauté introduite par la naissance récente de l’Opep+ et l’accord de réduction de la production, que le groupe a conclu pour faire face à l’effondrement du marché, au début de 2020, sous l’impact d’une pandémie de Covid-19 qui a fait plonger les prix du brut à des bas hautement dangereux pour l’assise financière des exportateurs, notamment ceux nombreux dont l’économie repose sur leur industrie d’hydrocarbures, pétrolière en premier lieu.
Les semaines puis les mois qui ont suivi l’entrée en vigueur de l’accord ont donné pleinement raison aux pays composant l’alliance, confortant la démarche que cette dernière a décidé de bâtir sur la prudence et la vigilance face à un marché de nature incertain. Et fatalement difficile à cerner donc et à maîtriser par sa volatilité qui peut éveiller sa vulnérabilité, même au moment où l’on s’attend le moins. Tout cela réuni s’appelle pragmatisme.
Cette volatilité est d’ailleurs en train de se manifester en force, ces dernières semaines, sous l’effet de la guerre en Ukraine et aussi pour d’autres paramètres antérieurs à février 2022. Le baril évolue dans une tendance où la hausse et la baisse se disputent la vedette, mais loin des niveaux record anticipés, il y a quelque temps, faisant monter les prix au-dessus des 150 dollars pour l’année 2022.
Face à tout cela, l’Opep+ ne semble pas près de céder aux pressions.