Les services de la police de Koléa (Tipasa) ont démantelé un réseau international de trafic de véhicules, impliquant 74 personnes, dont des fonctionnaires, et récupéré 53 véhicules, a annoncé hier le chef de la 2e Sûreté urbaine de Koléa, le commissaire de police Yahiaoui El Djilali.

Cette affaire a fait 80 victimes, a fait savoir le commissaire, dans un point de presse, soulignant que ce «réseau organisé et aux ramifications multiples» agissait avec la complicité de fonctionnaires, au nombre de 12, sur un total de 74 suspects, travaillant au niveau des services d’état civil et de la carte grise de certaines communes du pays.
Selon les explications fournies par le même responsable, l’activité de ce réseau criminel était concentrée au niveau des communes d’El Harrach, Hussein Dey, Bab El Oued et Birtouta à Alger, outre les communes d’Ouled Aïch et Boufarik de Blida ainsi que les wilayas de Boumerdès, Béjaïa, Bouira, Médéa, Tamanrasset, El Oued, Tiaret et Oran, a-t-il précisé.
Le commissaire de police Yahiaoui a signalé l’arrestation, sur ce total de personnes impliquées, de 14 individus, au moment où 12 autres sont détenus pour des affaires similaires dans des établissements pénitentiaires de plusieurs wilayas. Des mandats d’arrêts ont été, par ailleurs, délivrés à l’encontre du reste de la bande. Les véhicules restitués sont des voitures de luxe de marque allemande, des camions et des véhicules utilitaires, parmi lesquels 29 véhicules introduits sur le territoire national par la falsification de leurs papiers administratifs et dont 5 sont des véhicules volés dans des pays d’Europe (Allemagne, Belgique, France) et font l’objet d’avis de recherche par Interpol.
Quelque 24 autres véhicules récupérés ont été volés à travers plusieurs wilayas, dont 19 dans la seule wilaya d’Alger, a également indiqué l’intervenant, soulignant que la «dangerosité» de cette bande résidait dans le «partage des rôles et des missions» de ses membres, avec la complicité de fonctionnaires des services d’établissement de la carte grise, qui les aidaient à enregistrer ces véhicules sous de fausses identités, voire même des identités réelles, sans que les concernés ne soient au courant. Plusieurs chefs d’inculpation sont retenus contre les accusés dans cette affaire entre «constitution d’association de malfaiteurs pour la contrebande internationale», «vol qualifié avec circonstances aggravantes», «faux et usage de faux, escroquerie, abus de confiance, et usurpation d’identité, «abus de fonction et atteinte aux réseaux de traitement automatique des données» et «mise en circulation de véhicules aux caractéristiques illégales».