L’incertitude qui pèse sur la situation sanitaire et, par conséquent, sur la demande d’énergie ont fait baisser, hier, les prix du pétrole. En matinée, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 39,48 dollars à Londres, en baisse de 0,88% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour octobre perdait 0,88% également, à 37,00 dollars.

Par rapport aux échanges lundi de la semaine dernière, les deux barils ont perdu plus de 6%. Une baisse qu’on explique par le rebond du taux de contamination à la Covid-19 dans beaucoup de pays industrialisés et la persistance des entraves à l’activité économique liées aux mesures de confinement localisées. On pense également que la fin annoncée du blocus des terminaux d’exportation de pétrole libyens pourrait agir sur les prix en ce sens qu’elle perturbe les efforts de l’Opep+ pour maîtriser le marché et garantir un équilibre de l’offre et de la demande.
Jeudi 17 septembre, ses pays membres prévoient de discuter de leur accord de réduction de l’offre de brut. Les décisions qu’ils prendront serviront d’indicateurs sur leur capacité à faire remonter des prix sur lesquels le rapport annuel de BP, qui indique que la demande pétrolière mondiale a peut-être atteint son pic, a agi négativement hier. Un choix qui sera revêtu de la charge symbolique des 60 ans de l’Opep, hier. Un anniversaire qui conclut un bilan plutôt positif par rapport aux ambitions économiques et géopolitiques annoncées par les pays fondateurs en pleine période de décolonisation, mais qui signale aussi la fin de l’ère du tout-pétrole sur lequel ont vécu les économies du monde depuis les années 1960 et 1970, une période considérée comme l’âge d’or pour l’organisation.
Dans l’immédiat, et «après des mois de renoncement volontaire à des recettes supplémentaires, les problèmes deviennent de plus en plus visibles, compte tenu des difficultés financières et économiques considérables auxquelles sont confrontés les pays participants et compte tenu des perspectives (de demande) incertaines», explique l’expert Eugen Weinberg. Cet analyste à la Commerzbank craint comme d’autres observateurs un relâchement d’effort des Emirats, pays «très discipliné» mais qui pourrait ne plus se considérer obligé de suivre les résolutions de l’Opep et de ses alliés pour le maintien des cours à des niveaux supportables par leurs économies. A cela s’ajoutent des prévisions inquiétantes faites par ses membres durant la journée d’hier.

Opep : pronostic à la baisse
Dans son rapport mensuel, hier lundi, l’Opep s’est montrée pessimiste pour la demande mondiale en 2020 et 2021. Sa prévision de l’évolution de la demande a été révisée en baisse de 0,4 million de barils par jour (mb/j) par rapport au mois d’août. Cette année, la demande doit ainsi reculer plus fortement, de 9,5 mb/j, pour atteindre 90,2 mb/j en raison de la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de la Covid-19. Ainsi qu’aux difficultés économiques dans de nombreux pays consommateurs d’Asie. «Jusqu’à présent, la demande pétrolière en Inde, en Indonésie, en Thaïlande et aux Philippines a été bien moins solide que ce qui avait été attendu initialement», explique l’organisation dans son rapport mensuel. Ces pays vivent une conjoncture qui devrait encore se faire sentir au premier semestre 2021.