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Selon le rapport mensuel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) sur le pétrole,
la demande mondiale de Brut connaitra une hausse importante en 2021.

Dans ses prévisions pour l’année prochaine, un pronostic sur lequel tous les observateurs du secteur pétrolier ne sont pas d’accord en raison de l’extrême incertitude de la conjoncture éco-sanitaire à l’échelle internationale, l’Agence anticipe un bond inédit de 5,7 millions de barils par jour (mbj) de la demande par rapport à 2020. Tout dépendra toutefois des perspectives économiques et de l’évolution de la crise sanitaire, nuance-t-elle tout de même.
Des questions importantes demeurent également en ce qui concerne le transport aérien et la courbe qu’il aura à suivre dans les prochains mois ; l’aviation, grande consommatrice d’énergie, a été mise à terre par la pandémie mondiale du Covid-19. Entre 80 et 90% de la flotte mondiale a été clouée au sol et le redémarrage est très progressif, alors que de nombreuses frontières demeurent fermées.
Selon l’Association internationale du transport aérien (Iata), le trafic ne devrait pas retrouver son niveau d’avant crise avant 2023 avec d’abord un redémarrage sur les liaisons intérieures cet été suivi par une reprise beaucoup plus lente du trafic international. Ce qui fait dire au directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, que « nous pourrions bien assister l’année prochaine à la plus grosse progression dans l’histoire du pétrole ». Mais qu’à 97,4 mbj, la demande de 2021 resterait toutefois toujours d’un niveau de 2,4 mbj au-dessous du niveau de 2019.
Ce sera dû « essentiellement en raison de la faiblesse actuelle de la demande pour le carburéacteur et le kérosène », estime l’AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole. « Le secteur de l’aviation est confronté à une crise existentielle » et sa demande en produits pétroliers « restera sous pression bien au-delà de cette année même si les autres carburants devraient se reprendre à des niveaux pré-Covid-19 », souligne encore l’Agence. « Si l’on met le carburant aérien de côté, nous allons retrouver des niveaux d’avant crise au milieu de l’année prochaine. Mais la question clef est de savoir quand les gens vont recommencer à prendre l’avion », s’interroge de son côté Fatih Birol. « Cela va dépendre de la situation du coronavirus », a-t-il ajouté.

Prévisions moins pessimistes
Pour 2020, l’AIE s’est montrée mardi encore un peu moins pessimiste dans son appréciation des effets de la pandémie: elle table sur une demande en chute historique de 8,1 mbj, mais c’est environ 500.000 barils par jour de mieux que lors de sa dernière estimation publiée en mai dernier. L’Agence note ainsi une reprise rapide de la demande chinoise en mars-avril et indienne en mai, sans compter l’effet déterminant de l’accord de l’OPEP élargie (OPEP+) pour la réduction de l’offre.
« Même si le marché du pétrole reste fragile, la récente et modeste reprise des cours suggère que le premier semestre de 2020 finit sur une note plus optimiste », relève l’AIE. « Si les tendances récentes se maintiennent pour la production et que la demande se reprend bel et bien, le marché sera plus stable d’ici la fin du deuxième semestre. Il ne faut toutefois pas sous-estimer les énormes incertitudes », conclut l’Agence. Les annonces de l’AIE interviennent au lendemain d’énormes dépréciations d’actifs du géant pétrolier britannique BP, qui pense que la demande de long-terme sera affectée par la crise.<