La demande mondiale de pétrole a été impactée par le retour en force de la Covid-19 en Chine et les mesures sanitaires dégagées par les autorités chinoises face à la pandémie, a estimé, hier, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Synthèse de Feriel Nourine
Comprendre que l’Opep a révisé à la baisse ses prévisions pour la demande de brut au second trimestre de 2022. Elle a, cependant, maintenu celles englobant l’ensemble de l’année.
La demande pour le deuxième trimestre « est revue à la baisse, reflétant le confinement dans certaines parties de la Chine, entraînant une demande plus faible que prévu », tandis que le second semestre « est révisé à la hausse » par l’organisation, qui table « une demande plus élevée pendant les vacances d’été, dans un rapport mensuel. Ce qui devrait compenser les conséquences les mesures sanitaires chinoises, s’attend l’Opep, estimant que « pour 2022, la croissance de la demande mondiale de pétrole est globalement inchangée pour s’établir à 3,4 mb/j »
L’économie mondiale, cette année, encore largement dépendante des énergies fossiles, « demeure pleine d’incertitudes », estime l’Opep dans un article consacré aux perspectives pour le second semestre. « Le premier trimestre de l’année a montré une tendance à l’affaiblissement de la croissance dans un contexte de forte hausse des prix des matières premières et d’une vague Omicron en plein essor, ce qui a freiné la dynamique économique, notamment dans les pays développés et en Chine. « Néanmoins, la croissance économique devrait reprendre vers la fin du deuxième trimestre », selon la même source, ce qui devrait favoriser le pétrole.
Le cartel note également que « la dynamique économique s’est renforcée » dans des secteurs comme les voyages et le transport, encore très carbonés, et dont le regain d’activité devrait se poursuivre dans l’hémisphère Nord, grâce à une demande d’autant plus forte qu’elle a été contrariée par la pandémie : « Une dynamique saisonnière similaire a été observée pendant les mois d’été des années pandémiques 2020 et 2021 », souligne le rapport
« Cependant, une fois les vacances d’été terminées, il restera à voir dans quelle mesure l’inflation, c’est-à-dire la hausse du coût de la vie, le resserrement financier et la hausse de l’incertitude géopolitique freinent la dynamique de croissance vers la fin de l’année », ajoute l’Opep. Une tendance de fin d’année 2022 qui devrait se poursuivre en 2023, selon des prévisions qui sont en train de fuiter du rapport de l’Opep sur ses premières prévisions pour l’année prochaine.
A ce propos, l’organisation s’attend à un ralentissement de la demande mondiale de pétrole, rapporte Reuters, citant des délégués de l’Opep et une autre source au fait des réflexions du cartel, cités par Reuters, qui disent s’attendre à une croissance de la demande mondiale de 2 millions de barils par jour (bpj) ou moins en 2023, soit une hausse de seulement 2 %, par rapport à la croissance de 3,36 millions de bpj prévue en 2022.
L’Opep devrait publier sa première prévision de la demande pour 2023 dans son rapport mensuel le 12 juillet, a déclaré une source de l’organisation.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) donnera sa première prévision de la demande pour la même année dans un rapport mensuel aujourd’hui, mercredi, a déclaré un porte-parole de l’AIE. Selon les mêmes sources, l’Opep surveille les signes indiquant que les prix élevés des carburants entraîneront une destruction de la demande de pétrole.
L’agence britannique rapporte en outre que deux autres délégués de l’organisation ont déclaré que la destruction de la demande est susceptible de peser sur l’utilisation du pétrole dans les mois à venir, bien que l’un d’eux ait déclaré qu’il y avait encore peu de signes de ce phénomène aux etats-Unis, citant les récentes données sur la demande d’essence.
Une source industrielle senior d’une société de négoce, non affiliée à l’AIE ou à l’Opep, a également déclaré qu’elle s’attendait à une croissance plus faible de la demande en 2023, affirmant que ses premières estimations indiquaient une croissance de la demande de 2 millions de bpj ou moins, contre une croissance de 2,6 millions de bpj en 2022.
« Le brut à 120 dollars le baril entraîne une destruction de la demande », a-t-elle estimé, notant que « c’est déjà le cas ». n