L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) revoit à nouveau ses prévisions pour la demande mondiale de pétrole. Elle les révise à la baisse pour la fin de 2020 et 2021. Un scénario encore plus pessimiste que l’Opep justifie par la dégradation des perspectives économiques causée par les restrictions prises pour endiguer la deuxième vague de la Covid-19, selon son rapport mensuel publié mercredi.
En chiffres, l’organisation prévoit une chute de la demande pétrolière de 9,8 millions de barils par jour (mb/j) en 2020 alors qu’elle tablait sur un recul de 9,5 mb/j lors de ses précédentes estimations il y a un mois. La demande totale devrait ainsi se situer « légèrement au-dessus de 90 mb/j », souligne la même source, ajoutant que « le carburant pour le transport et l’industrie devrait rester affecté au cours du quatrième trimestre 2020 ».
Pour 2021, la demande a également été revue à la baisse de 0,3 mb/j, l’Opep anticipant désormais à un rebond de 6,2 mb/j, contre 6,5 mb/j dans son précédent rapport publié mi-octobre. La demande globale devrait ainsi atteindre 96,3 mb/j l’an prochain.
Contrairement aux prévisions de l’Opep, nombreux sont les analystes qui tablaient sur un rebond de la demande mondiale, après l’annonce, lundi, d’un vaccin prometteur contre la Covid-19. C’est en tous les cas ce que laisse transparaître le marché où l’or noir est en train d’accélérer dans sa remontée. A cette annonce se sont joints des chiffres encourageants pour la demande de l’or noir aux Etats-Unis publiés mardi, mais aussi les déclarations du ministre saoudien de l’Energie sur un éventuel ajustement de l’accord de réduction de l’Opep+.
Des paramètres qui ont permis au brut d’améliorer encore davantage ses gains depuis l’entame de la semaine. A la mi-journée d’hier, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier grimpait de 3,71% par rapport à la clôture de mardi, à 45,23 dollars, alors que baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour décembre montait de 3,99% à 43,01 dollars.
Après avoir gagné pas loin de 10 dollars depuis le début du mois, les deux cours de référence s’approchent de leurs précédents sommets de la fin de l’été. Les investisseurs « estiment dorénavant que la Covid-19 n’affectera pas la demande mondiale de pétrole à long terme et cela se reflète dans les prix ces derniers jours », a jugé Carlo Alberto de Casa, analyste d’Activtrades.
« Le pétrole continue de défier la gravité », a nuancé, de son côté, Jeffrey Halley, de Oanda.