Dans son dernier bulletin mensuel diffusé hier, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a réduit ses estimations de croissance de la demande mondiale de pétrole pour 2022 et 2023, une semaine après avoir annoncé une réduction globale de 2 millions de bpj de son objectif collectif de production de pétrole

par Hakim Ould Mohamed
En effet, l’OPEP renoue avec les pronostics baissiers et s’attend à ce que la croissance de la demande mondiale de pétrole soit en déclin de 460.000 barils par jour (bpj), cette année. Pour justifier ses prévisions à la baisse, l’Organisation cite, entre autres facteurs, le retour aux confinements en Chine après la progression des chiffres sur les contaminations au Covid, les risques de nouvelles récessions économiques et les pressions inflationnistes ressenties partout à travers le monde. L’OPEP s’attend à ce que la demande mondiale de pétrole augmente de 2,6 millions de bpj cette année pour atteindre une moyenne de 99,7 millions de bpj, soit en baisse par rapport à sa précédente estimation. «L’extension des restrictions anti-Covid dans certaines régions de la Chine, les défis économiques dans les pays européens membres de l’OCDE et la pression inflationniste dans certains pays clés» sont à l’origine directe de ces prévisions désormais à la baisse de l’OPEP, lit-on dans son rapport mensuel rendu public hier. Son estimation repose également sur l’hypothèse que la guerre en Ukraine ne s’aggravera pas au quatrième trimestre et l’an prochain. Elle s’attend aussi à ce que l’inflation se poursuive, avec les tensions sur le marché du travail. L’OPEP table sur une croissance économique mondiale de 2,7% en 2022, au lieu de 3,1% dans son rapport de septembre. Pour l’an prochain, l’OPEP a également réduit ses prévisions de croissance de la demande de pétrole de 360 000 bpj, prévoyant une croissance de 2,3 millions de bpj l’année prochaine au lieu de 2,7 millions de bpj annoncés en septembre. La croissance de la demande serait «sujet à des vents contraires étant donné l’incertitude qui entoure les perspectives économiques mondiales et les facteurs liés à la pandémie», a déclaré l’OPEP. En 2023, la demande devrait être tirée par les pays non membres de l’OCDE, en particulier la Chine et l’Inde. Les révisions à la baisse des perspectives de la croissance de la demande de pétrole cette année et l’an prochain interviennent après que le groupe OPEP+ a annoncé la semaine dernière la plus forte réduction de son objectif collectif depuis 2020. Malgré l’insistance des membres de l’OPEP+ sur le fait que la réduction de la production était basée sur des évaluations techniques du marché et visait sa «stabilité», de nombreux analystes et la Maison Blanche plus particulièrement ont considéré cette décision comme politique. Dans son rapport d’hier, l’OPEP a cité des facteurs purement économiques justifiant la révision à la baisse de ses prévisions de croissance de la demande mondiale de pétrole. «La croissance économique mondiale est entrée dans une importante période d’incertitude et de détérioration des conditions macroéconomiques, dans un contexte d’intensification des défis, notamment des niveaux d’inflation élevés, un resserrement des politiques monétaires par les principales banques centrales, une hausse des taux d’intérêt et des problèmes persistants sur les chaînes d’approvisionnement», a indiqué l’OPEP.» Pour l’avenir, et malgré la hausse saisonnière habituelle de la demande de pétrole pour le chauffage, les défis présentés par les niveaux d’incertitude accrus, le ralentissement de la croissance économique et une éventuelle résurgence des restrictions COVID en Chine et ailleurs devraient avoir un impact sur la demande de pétrole en 2022 et 2023 «, soutient l’OPEP dans son rapport, soulignant que la décision prise la semaine dernière par l’OPEP+ de réduire de 2 millions de bpj son niveau de production cible était une décision préventive et proactive «dans un effort continu et implacable pour fournir une stabilité durable au marché».

M. Arkab à la «Semaine russe de l’énergie»
Le ministre de l’Energie et des Mines Mohamed Arkab, participera mercredi à Moscou, aux travaux du 5e forum international «Semaine Russe de l’Energie», a indiqué mardi le ministère dans un communiqué.
A cette occasion, M. Arkab rencontrera le vice-Premier ministre russe Alexander Novak, le ministre syrien du Pétrole et des Ressources minérales Bassam Tohmé, et des représentants de grandes sociétés pétrolières et gazières, selon la même source.
Ce Forum international est un événement de haut niveau organisé depuis 2017, en direction des responsables et leaders mondiaux de l’énergie, souligne le communiqué.
Il réunit des ministres, des dirigeants des grandes firmes énergétiques, de hauts fonctionnaires, des experts et des décideurs pour discuter et débattre de la dynamique énergétique mondiale ainsi que de faciliter le dialogue autour des questions ayant une incidence sur les enjeux énergétiques, ajoute le ministère. (APS)