Par Feriel Nourine
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a légèrement diminué, hier, sa prévision de la demande mondiale de pétrole pour 2021 et 2022. Une baisse de 100 000 barils par jour en moyenne, que l’AIE justifie «essentiellement pour tenir compte de la moindre utilisation des carburants aériens (…) en raison des nouvelles restrictions sur les voyages internationaux».
Ces prévisions interviennent au lendemain de celles émises par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Dans son rapport mensuel publié lundi, l’Opep considère que «l’incertitude» plane toujours sur le marché du brut, mais note aussi que l’impact du nouveau variant de la Covid-19 Omicron «devrait être modéré et de court terme, le monde devenant mieux armé pour faire face à la Covid-19 et aux difficultés qu’elle cause». En tous les cas, l’incertitude, mise en avant par l’organisation, ne manque pas de se manifester à travers une série de réactions du marché, dont l’évolution du prix qui laisse toujours s’exprimer hésitation et volatilité. En témoignent les prix affichés hier par les deux références européenne et américaine. Une tendance légèrement baissière prédominait dans les marchés londonien et new yorkais, avec un baril de Brent de la mer du Nord qui perdait 0,30% à 74,17 dollars en fin de matinée. Parallèlement, le West Texas Intermediate (WTI) perdait 0,31% à 71,07 dollars.
Le fort rebond de 8% réalisé la semaine dernière par les cours du brut, puis renforcé au premier jour de la semaine en cours, semble être refroidi par les nouvelles restrictions sanitaires observées en Chine après la détection, le jour même, d’un premier cas du très contagieux variant Omicron. Un coup de froid sur le marché que des analystes attribuent, également, à l’annonce du premier provoqué par Omicron au Royaume-Uni», selon l’annonce faite lundi par le Premier ministre Boris Johnson. Les investisseurs surveillent également les prix du gaz, de nouveau en surchauffe cette semaine. Après avoir grimpé de près de 10%, lundi, le marché de référence du gaz européen, le TTF (Title Transfer Facility) néerlandais, gagnait hier 1,92% à 118,31 euros le mégawattheure (MWh) vers 10H15 GMT. Le TTF néerlandais a atteint, à l’ouverture mardi, 122,92 euros, un prix seulement vu dans l’histoire le 6 octobre de cette année, lorsque le contrat avait flambé à 162,12 euros. «Les tensions croissantes entre la Russie et l’Occident dans le cadre du conflit en Ukraine» contribuent à l’escalade des prix, explique Carsten Fritsch, de Commerzbank. Un tiers du gaz européen provient de Russie.