Par Feriel Nourine
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) s’attend désormais à une augmentation de la demande pétrolière mondiale pour 2022 qui dépasserait celle d’avant l’arrivée de la pandémie de la Covid-19. Alors que des analystes anticipaient sur la révision à la baisse de ses prévisions de croissance, l’Opep a opté à 4,2 millions de barils par jour, indique l’organisation dans son dernier rapport publié hier. Ce sont donc 0,9 mb/j qu’elle ajoute à ses estimations d’il y a un mois et qui pousseront la demande mondiale à 100,83 mb/j. Cela excédera alors les niveaux d’avant la pandémie, souligne la même source. Laquelle justifie son scénario optimiste par l’augmentation des taux de vaccination, faisant que la pandémie de la Covid-19 devrait être mieux gérée et les activités économiques et les transports revenir fermement à leurs niveaux d’avant le coronavirus.
Cette augmentation devrait conforter l’Opep et ses alliés de l’alliance Opep+ dans leur démarche de mettre fin aux restrictions de la production qu’ils ont entamées en avril 2020 et qui a connu plusieurs assouplissements, dont les 400 000 bpj ajoutés en août dernier. Dans leur cas, les pays du cartel avaient légèrement augmenté leur production de 151 000 barils par jour sur un mois, pour atteindre un total de 26,762 mb/j, selon des sources secondaires (indirectes) citées dans le rapport publié lundi. De gros producteurs comme l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l’Irak avaient ainsi pompé plus, tandis qu’en revanche la production baissait nettement au Nigeria.
Sur fond d’optimisme développé par le cartel, le marché entamait la semaine avec des prix leur plus haut depuis un mois, alors que la production américaine du Golfe du Mexique était toujours limitée par les dégâts causés par l’ouragan Ida.
En fin de matinée, le baril de Brent ou brut de mer du Nord pour livraison en novembre valait 73,77 dollars à Londres, en hausse de 1,17% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour octobre prenait de son côté 1,33% à 70,66 dollars. Plus tôt dans la séance, la référence européenne était montée jusqu’à 73,92 dollars, tandis que l’américaine avait atteint 70,75 dollars, soit des sommets depuis début août.
Selon le Bureau de la régulation de l’environnement et de la sécurité (BSEE), la production du Golfe du Mexique n’atteint que la moitié de son niveau habituel, alors que l’ouragan Ida a obligé l’évacuation des plateformes en mer. «Les effets sur la production de brut ressemblent de plus en plus à l’impact qu’avait eu l’ouragan Katrina en août 2005», quand la production avait diminué d’un million de barils par jour en septembre par rapport au mois de juillet, commente Bjarne Schieldrop, analyste chez SEB. <