Contrairement à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) qui s’inquiète, ces derniers jours, de la chute du prix du pétrole et de la surabondance de l’offre, ambitionnant même de réduire encore sa production en 2019,

l’Agence internationale de l’énergie (AIE) se réjouit de la situation qui caractérise actuellement le marché en jugeant favorablement la progression des stocks. «La volatilité des événements est telle qu’une hausse des stocks devrait être saluée comme une forme d’assurance plutôt que comme une menace», a estimé hier l’AIE qui, en outre, a confirmé ses prévisions de croissance de la demande mondiale de brut pour l’année prochaine, alors que l’Opep a revu à la baisse les siennes. Dans son rapport mensuel sur le pétrole, l’agence fixe la demande de pétrole à 1,4 million de barils par jour (mbj) en 2019 et 1,3 mbj en 2018. Autrement dit, cette demande sera de 100,6 mbj, précise la même source.
Basée à Paris, l’AIE conseille des pays développés sur leur politique énergétique. Dans ce sens, elle relève que «les Etats-Unis restent déterminés à réduire les exportations de pétrole iranien à zéro par rapport aux 1,8 mbj d’aujourd’hui», et qu’«il existe des inquiétudes sur la stabilité de la production en Libye, au Nigeria et au Venezuela», faisant allusion à la collision entre une frégate et un pétrolier la semaine dernière sur les côtes norvégiennes. C’est «un nouveau rappel de la vulnérabilité du système aux accidents», poursuit-elle, notant qu’«aujourd’hui (ndlr hier), les cours ont chuté à un niveau plus raisonnable, à près de 70 dollars le baril, bien en dessous de ce qu’ils étaient en mai avant que les Etats-Unis n’annoncent leur changement de politique en Iran».
L’AIE estime que ces cours plus bas bénéficient aux consommateurs, en particulier ceux des pays en développement qui souffrent d’une monnaie faible. «Celle-ci rend relativement plus cher l’achat de matières premières libellées en dollar», explique-t-elle. L’offre «progresse rapidement de son côté grâce à l’Arabie saoudite, à la Russie et aux Etats-Unis, qui ont plus que compensé les déclins de l’Iran et du Venezuela», souligne encore l’agence.
Après être descendu mardi à ses plus bas niveaux depuis mars dernier, le pétrole remontait hier en cours d’échanges, avec un baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier qui s’échangeait à 65,91 dollars (+44 cents) sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, alors que sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI WTI pour le contrat de décembre prenait 11 cents à 55,80 dollars. «Ce qui a commencé avec un sentiment d’aversion au risque pour tous les marchés a été exacerbé pour le pétrole par les exemptions accordées aux importateurs de pétrole iranien», ont rappelé les analystes de Goldman Sachs. En assouplissant les sanctions sur l’industrie pétrolière iranienne, Washington a créé un supplément d’offres imprévu alors que les autres producteurs pompaient plus pour compenser cette perte. «Si l’Opep ne réduit pas sa production, nous allons vers une nouvelle hausse des réserves mondiales en 2019», a résumé Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix.
L’Opep se réunira début décembre à Vienne. L’Arabie saoudite, premier exportateur mondial, défend déjà une baisse de la production du groupe et de ses partenaires pour soutenir les prix