Contrairement à la tendance baissière que prévoient l’Opep et l’AIE pour la demande mondiale de pétrole en 2020, celle portant sur le gaz naturel liquéfié (GNL) connaîtra une hausse de 4 milliards de mètres cubes cet hiver, prévoient, de leur côté, des experts du Forum des pays exportateurs de gaz (GECF), en comptant sur la croissance en Chine, au Japon et en Asie du Sud. «Nous prévoyons que la demande de GNL augmentera de 4 milliards de mètres cubes cet hiver et cela est alimenté par la croissance en Chine, au Japon et en Asie du Sud », ont, en effet, fait savoir ces experts lors d’une vidéoconférence intitulée « Winter Outlook for Global LNG -Cautously Optimistic » organisée par le GECF. Dans la même tendance, «l’approvisionnement en GNL devrait également augmenter, sous l’impulsion des Etats-Unis. Et lorsque nous rassemblons les prévisions de l’offre et de la demande, nous prévoyons que le marché du GNL sera légèrement plus serré que l’hiver dernier de 1 milliard de mètres cubes », ajoutent les mêmes experts du marché gazier. Voilà donc des prévisions qui devraient satisfaire les producteurs de GNL, après plusieurs mois marqués par une chute de la demande provoquée par la pandémie de Covid-19. Parmi ces producteurs, l’Algérie figure en haut du classement, faut-il le rappeler.
Ceci étant, le scénario optimiste prévu lors de la visioconférence du GECF n’est pas à l’abri d’une remise en cause par les nombreux risques qui pèsent, prévient la même source, citant les températures hivernales et le coronavirus qui continue à frapper fort. «En termes de dynamique des prix, alors que les marchés entrent dans une période de surproduction due à la convergence croissante des prix mondiaux du gaz, il est important de garder un œil sur la direction des hubs gaziers comme le Henry Hub, TTF (Title Transfer Facility) et le prix au comptant asiatique », ont conclu les intervenants.
En plus des conditions météorologiques et de la pandémie, le GECF craint aussi des facteurs tels que les politiques gouvernementales qui peuvent souvent modifier la tendance de la demande et les prix du GNL.
En attendant l’hiver, son secrétaire général Yury Sentyurin a déclaré qu’«à bien des égards, la Covid-19 a souligné l’importance des données afin que nous puissions cartographier et comprendre les effets économiques et sociaux des mesures liées à la pandémie ». Une déclaration qui rejoint celle faite par le ministre l’Energie, Abdelmadjid Attar, qui avait estimé, dans un précédent entretien au site électronique britannique S&P Global Platts, que la crise économique provoquée par la propagation de la pandémie du coronavirus et la baisse consécutive des prix du gaz représentent une «opportunité » pour renforcer le rôle du GECF.
Le gaz restera le «carburant clé à l’avenir », avait souligné M. Attar, relevant que «la situation s’améliorera progressivement » et que «le gaz demeure un combustible de choix et sa part dans le mix énergétique mondial va augmenter ».
Pour rappel, le GECF a vu le jour en 2001 et détient environ 70% des réserves mondiales de gaz prouvées, selon les estimations. n