Suite aux actes de dégradation au niveau du site archéologique de Tazoult dans la wilaya de Batna, sous forme de gribouillis sur les murs, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a instruit, le 24 janvier courant, l’Office national de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés (OGEBC) pour «poursuivre en justice les auteurs de ces actes et prendre des mesures juridiques coercitives à l’encontre de chaque coupable», indique un communiqué du ministère de la Culture et des Arts.

La ministre a ainsi instruit les services de l’OGEBC «d’intervenir en urgence pour remédier aux actes du sabotage» constatés au niveau du site archéologique de Tazoult dans la wilaya de Batna.
De même, elle a appelé les services du ministère à travers les wilayas à «la prudence et à la sécurisation et la protection des sites archéologiques», ajoute la même source. En effet, cet acte de vandalisme confirme, selon la ministre de la Culture et des Arts, «le manque de surveillance indispensable dans ces sites, d’où la nécessité de dépêcher une commission d’inspection pour enquêter sur le sujet».
Elle a également rappelé que le sabotage des sites archéologiques «est un crime impardonnable et leur altération par des gribouillages et des ratures ou par la destruction (…) est un acte susceptible d’hypothéquer l’avenir des générations futures et d’altérer les caractéristiques de l’histoire exceptionnelle et séculaire de notre pays». Fort du constat des risques de sabotage des sites historiques, un appel a également été lancé à l’ensemble des concernés parmi la société civile et les chercheurs «à se mobiliser pour protéger les sites et les monuments archéologiques et à signaler sans hésitation toute atteinte ou tout acte suspect à leur encontre».
La réaction de la ministre de la Culture intervient suite à la polémique qui a éclaté sur les réseaux sociaux où les images de ce sabotage ont suscité un débat houleux sur les négligences qui entourent la sécurisation des sites archéologiques et historiques.
Notons qu’en 2019, l’Office de gestion et d’exploitation des biens culturels protégés, dont les missions sont la gestion, la mise en valeur, la protection, l’entretien et la sécurisation les biens culturels matériels qui lui sont rattachés à travers le territoire national, avait lancé un ambitieux programme pour accroître les capacités de surveillance des sites historiques et archéologiques. Depuis près de deux années, l’accent avait été ainsi mis sur la nécessité de professionnaliser l’acte de gardiennage, notamment en inculquant au personnel concerné un certain nombre de connaissances sur le patrimoine à préserver. Un programme de sécurisation avait aussi été lancé afin de rénover les clôtures pour protéger les sites, en plus de mettre tous les sites relevant de sa structure sous télésurveillance. Au final, il est important de mettre en exergue que les professionnels de secteur avaient à maintes reprise mis en relief que le concept de sécurisation des biens culturels ne se limite pas au seul traitement sécuritaire, mais englobe, aussi, l’ensemble des mesures préventives pour contrer tout préjudice.