Par NAZIM B.
Le RCD a exprimé, hier, son «inquiétude» suite à la dégradation du pouvoir d’achat des couches importantes d’Algériens à faibles revenus, tout en dénonçant dans le chapitre des libertés politiques et publiques, ce qu’il a qualifié de «traque judiciaire» contre ses militants, objet de poursuites.
Dans un communiqué rendu public à l’issue de la réunion de secrétariat national, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) dit constater avec «une grande inquiétude la poursuite de la dégradation effrénée du pouvoir d’achat et des conditions de vie de l’ensemble des salariés et la descente aux enfers des catégories sociales les plus fragiles». Pour le RCD, il s’agit d’une «politique antisociale, pilotée par le gouvernement dont l’objectif est d’en finir de la manière la plus brutale avec la subvention des produits de base», estimant que le «discours populiste contre la spéculation n’est destiné qu’à cacher une orientation inscrite dans le programme de l’Exécutif».
La même formation politique considère que le programme de l’Exécutif «consiste en la dévaluation rampante et continue du dinar et l’étranglement de l’approvisionnement en intrants de production pour juguler le déficit de la balance commerciale qui creuse dans le peu de réserves épargné par la boulimie des clientèles», ajoutant que «cette politique organise précisément les hausses des prix et, de fait, la spéculation aussi, dépréciation de la monnaie et rareté des produits».
Sur un autre registre, le RCD s’est indigné contre «l’acharnement répressif et la traque judiciaire inacceptables» contre ses militants, citant les cas de Yassine Merchiche, président du Bureau régional de Batna, de Menad Larbi, membre du conseil national de Relizane, de Meziane Chabane, membre du conseil national de Bouira, de Sofiane Oumellal, membre du conseil national de Boumerdès et P/APC de la commune d’Afir, et «les intimidations pilotées par les agents du pouvoir contre des cadres du parti dans plusieurs wilayas du pays, notamment à Tamanrasset et Bordj Bou-Arréridj».
Pour le RCD, ces poursuites «sont emblématiques du contexte restrictif des libertés et de la répression qui frappe les militants politiques», pointant ce que le RCD qualifie de «cabale judiciaire honteuse» contre son secrétaire national à la communication, Atmane Mazouz, condamné en première instance à 1 an de prison ferme par le tribunal de Chlef. «Le parti prendra les mesures nécessaires en vue de son accompagnement dans une initiative judiciaire contre tous ceux qui se sont rendus complices dans cette opération d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques», a affirmé le RCD, faisant remarquer que les cadres du parti «soumis à la répression et à l’acharnement judiciaire sont des cas parmi des centaines d’autres citoyens délestés de leur liberté et privés de leurs droits en violation de la Constitution».
Relevant, dans le même registre, que «l’élargissement des dispositions de l’article 87 bis est une menace directe pour les activités politiques les plus banales», le RCD a ajouté que «la dissolution du RAJ, les menaces de dissolution qui pèsent sur des partis politiques d’opposition, le maintien en prison de détenus d’opinion et les interpellations quotidiennes de militants et de citoyens engagés dans le Hirak pour des motifs fallacieux sont aussi des avertissements pour les organisations syndicales».
Le parti présidé par Mohcine Belabbas met ainsi en garde les autorités, considérant que «cette politique qui pousse les citoyens dans leurs derniers retranchements, est dangereuse pour le pays». <