Le nouveau gouvernement sous la houlette de Aïmene Benabderrahmane, désigné Premier ministre mercredi passé succédant à Abdelaziz Djerad, sera incontestablement celui des urgences, en ce sens qu’il est appelé à faire face, en plus des réglages économiques qu’impose la conjoncture, à un été pas du tout tranquille au vu des multiples contestations que peut résumer la cherté de la vie et son corollaire de dépréciation du dinar national dont se plaignent les Algériens.

PAR NAZIM BRAHIMI
A cela s’ajoutent des dossiers pour lesquels le nouvel Exécutif doit apporter des solutions, dont celui de la crise des liquidités bancaires et de l’eau potable, et qui empoisonnent la vie de plusieurs centaines d’habitants des cités, voire même dans certaines contrées rurales.
Sans oublier bien entendu ce que risque de générer cette évolution dangereuse de la pandémie de la Covid, dont les chiffres de contaminations quotidiennes connaissent une courbe ascendante depuis plusieurs jours, menaçant des activités qui commençaient à peine à surmonter le choc du confinement imposé par les premières vagues de la crise sanitaire.
Le Premier ministre s’est focalisé une nouvelle fois, dans un message aux Algériens à l’occasion de la double célébration de la fête de l’Indépendance et de la Jeunesse, sur les priorités de son Exécutif notamment dans le volet économique. M. Benabderrahmane s’est dit, dans ce sens, «déterminé à maintenir la politique de réforme économique, tout en préservant les acquis remportés dans divers domaines». Il a relevé, à cet égard, que «la conjoncture que traverse le pays et les défis qui se posent à la lumière de la crise sanitaire et de ses retombées socio-économiques nous interpellent quant à l’effet de resserrer les rangs pour œuvrer tel un seul homme à consacrer la relance économique escomptée».
En plus de ces multiples urgences auxquelles son staff devra apporter des solutions, le Premier ministre compte visiblement donner du relief à la gestion des affaires publiques en rompant avec la mollesse, voire l’effacement, qui a marqué le règne de son prédécesseur. C’est dans ce sens que peut, à priori, être lue sa sortie aujourd’hui sur le terrain, moins d’une semaine après sa nomination en tant que Chef de l’Exécutif.
Aïmene Benabderrahmane procédera aujourd’hui à Alger à une opération de distribution de logements dans le cadre des festivités commémorant le 59e anniversaire de la fête nationale de l’Indépendance et de la Jeunesse, selon un communiqué des services du Premier ministère. Cette activité sonne ainsi l’entame du travail sur le terrain du gouvernement, envoyant ainsi le message selon lequel l’Exécutif est dans une course contre la montre pour rattraper le temps perdu, notamment dans certains secteurs où le retard est énorme, selon l’aveu même de l’ancien locataire du Palais Docteur-Saadane. Le signe de l’urgence est par ailleurs présent dans l’annonce de la nomination de M. Benabderrahmane, dans la mesure où il a été chargé de poursuivre les consultations pour former un gouvernement dans «les meilleurs délais».
«En vertu des dispositions de la Constitution, notamment l’article 91, les alinéas 5 et 7, le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, a nommé aujourd’hui M. Aïmene Benabderrahmane, Premier ministre, en le chargeant de poursuivre les consultations avec les partis politiques et la société civile pour la formation du gouvernement dans les meilleurs délais», avait indiqué la Présidence. <