C’est une équation qu’il sera difficile à résoudre pour le ministère des Ressources en eau et de la Sécurité hydrique si la sécheresse venait à perdurer, celle de répondre à une demande en eau potable des populations alors que les volumes des ressources naturelles vont devenir de moins en moins disponibles, d’autant plus que les capacités du pays en matière de production d’eau non conventionnelle ne sont pas encore en mesure de pallier les besoins réels.

Par Bouzid Chalabi
Face à ce scénario des plus plausibles, à moins d’un miracle, à savoir des épisodes pluviométriques fréquents et intenses, le ministère vise à élaborer un plan d’urgence pour tout au moins ne pas se retrouver pris au dépourvu comme ce fut le cas l’été dernier, où toutes les dispositions mises en place ont vite montré leur limite. Les grands axes de ce plan ont été à l’ordre du jour d’une réunion, mardi dernier, présidée par le ministre Karim Hosni en présence de ses proches collaborateurs. «Le but escompté à travers ce plan d’urgence assurer l’eau potable durant le mois de Ramadan et la prochaine saison estivale», indique le ministère dans un communiqué rendu public hier. Cette même source mentionne : «Pour ce faire, le ministère compte mettre en place tout un dispositif afin de ne pas trop impacter les populations comme cela a été le cas l’été dernier.»
Il faut dire que cette réunion tire sa raison du fait que nos réserves hydriques conventionnelles se sont grandement réduites et, qu’en parallèle, la consommation en eau potable a augmenté et l’élaboration d’un plan d’action en la circonstance s’impose donc. Autrement dit, le ministère compte prendre les devants en se préparant à faire face à la tension sur l’alimentation en eau potable (AEP). A ce titre, on apprend que Karim Hosni a ordonné d’accélérer l’achèvement des projets de réalisation de cinq stations de dessalement d’eau de mer sise dans les wilayas de Tipasa, Boumerdès, Béjaïa,Tarf et Oran. «Chacune de ces stations assurera un apport de 300 000 m3 par jour», précise cette même source. On lit également que la problématique de la disparité dans les volumes distribués à l’intérieur des villes a été soulevée lors de la réunion suscitée. A cet égard, «le ministre s’est interrogé sur le fait que le siège de son département est alimenté sans interruption au moment où ceux des APC sont soumis à un rationnement». Autre point soulevé et non des moindres, celui de la déperdition du précieux liquide. Karim Hasni a appelé ses cadres à se pencher avec beaucoup de sérieux sur la réduction du taux de déperdition pour tout au moins se rapprocher des standards internationaux de tolérance. Pour le ministre, «avec le grave déficit que traverse le pays, la problématique des déperditions doit être l’une des priorités majeures dans notre stratégie d’action sur le terrain».
A propos de la pluviométrie, le ministre juge que «les précipitations enregistrées l’automne dernier sont loin de nous mettre à l’abri en matière de besoins en AEP». Abondant dans ce sens qu’«avec cette donne, il est clair qu’un plan d’urgence pour pallier quelque peu le déficit s’imposait et ainsi de réduire les désagréments aux populations des restrictions drastiques dans la distribution de l’eau potable».
Il convient enfin de savoir que les prévisions météo annoncent de la pluie et de la neige sur l’ensemble du Nord du pays à partir de ce 12 février. Mais sera-t-il suffisant ? C’est là toute la question, car nos ressources naturelles sont à des niveaux bas si importants qu’il faut espérer que la prochaine dépression atmosphérique se solde par des apports importants d’eau. <