Compte tenu des faibles potentialités existantes et à venir en matière de ressources hydriques et d’une demande en eau potable en constante progression, il sera certes de plus en plus difficile d’assurer une distribution de l’eau selon des plages horaires très larges, c’est-à-dire sous la formule H/24. Sur ce point précis, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a sommé les sociétés chargées de la gestion de l’eau de «ne plus priver d’eau le citoyen durant tout au plus deux jours consécutifs». «Même si l’eau potable devient rare, il faudra fournir aux citoyens pendant au moins quelques heures par jour par l’apport du dessalement d’eau de mer en attendant que la situation s’améliore», a-t-il ajouté lors de la pose de la première pierre du projet de réalisation d’une station de dessalement de l’eau de mer à Cap Blanc, dans la commune d’Aïn El Kerma, wilaya d’Oran, où il était en visite d’inspection et de travail. Comme il a souligné à cette même occasion que «l’option du dessalement d’eau de mer est la plus appropriée, voire même la plus sûre si l’on veut assurer aux populations une distribution d’eau potable sans trop de restrictions». Et de préciser dans la foulée : «La distribution de l’eau potable est beaucoup plus une affaire de gestion que de disponibilité.» Il a, par ailleurs, indiqué que «ce choix est de plus en plus à notre portée dans la mesure où, aujourd’hui, nous sommes en mesure de réaliser des stations de dessalement qui, plus est, à grande capacité de production avec des compétences nationales et moyens locaux».
Revenant sur la problématique de l’alimentation en eau potable (AEP), le premier magistrat du pays a appelé les responsables du secteur à revoir les données notamment celles liées à la production et à la distribution de ce précieux liquide, qui «ne reflètent parfois pas la réalité». Cela dit, il y a lieu de croire que les pouvoirs publics font du dessalement d’eau de mer une priorité absolue, preuve en est, il a été retenu, à l’instar du mega projet de l’usine de dessalement de Aïn Kerma, dont la capacité de production s’élève à 300 000 m3 par jour, quatre autres identiques en termes de volumes d’eau dessalée, produits au quotidien. Elles seront implantées dans les wilayas de Tipasa, Boumerdès, Skikda et El Tarf avec un délai d’exécution de 28 mois. En somme, cela va permettre, en plus de celles opérationnelles, de porter la production à 3,3 millions de m3 par an. Un apport en volumes à même de garantir l’approvisionnement en eau potable. A travers toutes ces prochaines réalisations, qui viendront s’ajouter aux stations de dessalement déjà opérationnelles, le but recherché est de ne plus vivre les mêmes situations que celles subies par des populations entières l’été dernier. On se rappelle ces longues périodes de coupure de l’AEP, dix jours et plus dans de nombreuses grandes villes du pays, poussant à bout les habitants au point de manifester leur colère sur la voie publique se traduisant par des arrêts du trafic routier.
En attendant la réalisation totale des stations annoncées, des manques persistent en termes de distribution de l’eau potable, mais loin des restrictions connues il y a une année. Un soulagement pour les habitants des zones urbaines où la moindre chute de pression se fait très vite ressentir.