Le marché de la pomme de terre connaît, ces derniers temps, un déficit dans l’offre qui a engendré une montée du prix du tubercule sur les étals du commerce de détail. Une insuffisance par rapport à la demande qui risque de s’aggraver, si l’on en croit les acteurs de la filière, du fait de la faible production de la pomme de terre de saison sous l’effet de la sécheresse.

Par Bouzid Chalabi
Face à cette donne, la solution envisagée par le ministère du Commerce serait de recourir exceptionnellement à l’importation. C’est le directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales auprès du ministère du Commerce, Ahmed Mokrani, qui l’a affirmé depuis El Oued, où il était lundi dernier en visite de travail. Soulignant aussi «le but recherché avec ce recours à l’importation exceptionnelle, est d’approvisionner le marché de la pomme de terre en quantités suffisantes et, par ricochet, fléchir le prix élevé du tubercule». Sur ces deux derniers points, il a fait savoir que son département allait se réunir mardi (hier) pour se pencher sur l’alternative de l’importation en attendant les récoltes issues de la wilaya de Mostaganem. Sur la cherté de la pomme de terre, le responsable a indiqué : «Le prix de la pomme de terre est actuellement injustifié car le coût réel de production ne dépasse pas 40 dinars. Son prix au détail devrait se situer entre 60 et 70 DA tout au plus, comme c’était le cas auparavant.». Le responsable a en outre révélé à la même occasion que certaines mesures ont été prises, en coordination avec la direction des services agricoles de la wilaya d’El Oued, dans le but de contrôler les prix de la pomme de terre sur champ suite à la montée des prix sur le marché national.
Pour rappel, le prix de la pomme de terre est proposé sur les étals des détaillants entre 110 et 120 DA le kilogramme depuis quelques jours et a atteint dans certaines régions du pays les 130 DA le kilogramme. Dans ce même registre, on apprend de la filière à propos des raisons de la cherté du tubercule, qu’outre le facteur sécheresse qui a obligé les producteurs à acheter l’eau pour les besoins d’irrigation de leurs champs, il faut ajouter les prix élevés des semences, sans omettre les frais supplémentaires indispensables pour s’assurer d’un bon rendement. Et dernière raison, l’effet de la spéculation sur un légume de très large consommation. En effet, les Algériens sont de grands consommateurs de pomme de terre. Pour preuve, sur une production moyenne annuelle de 6 millions de tonnes, 4 sont destinées à la consommation et le reste partagé entre la transformation et les besoins de semences.
Soulignons enfin qu’en prévision du mois de Ramadhan, le ministère du Commerce, épaulé par celui de l’Agriculture, s’est engagé à stocker 100 000 tonnes de pommes de terre. Avec pour effet escompté de réguler le marché et ainsi couper l’herbe sous les pieds à la spéculation. n