Le ministre des Finances, Aymen Benabderrahmane, est revenu, mardi, à l’issue de l’adoption par l’Assemblée du projet de loi de finances 2021, sur la récurrente question du déficit et de son financement, à l’heure où les sources financières semblent se tarir. S’exprimant devant la presse au terme d’une plénière consacrée à l’adoption du projet de budget pour l’année prochaine, le ministre des Finances a déclaré que le gouvernement recourra à la mise en œuvre des mécanismes de la politique monétaire stipulés dans la Loi, en concertation avec la Banque d’Algérie (BA), en sus d’un retour au marché financier. Il s’agit en particulier d’utiliser une partie des réserves et affectations constituées par la Banque centrale et du placement d’une partie des fonds propres de la Banque d’Algérie en bons de Trésor, conformément à l’article 53 de l’Ordonnance n° 03-11 relative à la monnaie et au crédit, en sus de la dynamisation du marché des bons du Trésor, à travers le rachat d’importants crédits bancaires communs, et le refinancement des bons du Trésor émis en contrepartie du rachat de ces crédits bancaires communs.
Encore une fois, le ministre des Finances évacue d’un revers de main la probabilité d’un recours à la planche billets qui constitue, elle aussi, un des éléments de la politique monétaire qui a servi ces dernières années à financer le déficit budgétaire en l’absence d’autres pare-chocs financiers. Il s’agit d’utiliser et de placer les réserves constituées par la Banque centrale, plutôt que recourir à de nouvelles opérations de création monétaire. Cependant, la solution de financement suggéré par le ministre des Finances nécessite une réécriture de la loi en vigueur à travers, plus précisément, une adaptation du règlement de la Banque d’Algérie au contexte économique et financier actuel, ce qui garantira la liquidité nécessaire en faveur des banques pour financer l’économie et, partant, permettra au Trésor de drainer une grande part de cette liquidité dans le cadre de l’activité ordinaire du marché des valeurs du Trésor. En plus des mécanismes de la politique monétaire que le gouvernement entend mettre à profit pour le financement du déficit budgétaire, celui-ci sera couvert également par d’autres sources, dont les revenus de la fiscalité ordinaire que l’Exécutif dit vouloir améliorer. Lors de ses réponses aux députés qui avaient, la semaine dernière, interrogé le ministre sur le financement du déficit budgétaire, Aymen Benabderrahmane a indiqué également que l’Etat allait encourager les partenariats publics-privés comme moyen de financement et de gestion des projets d’investissement et d’équipement et soutenir davantage l’investissement privé et étranger. Il faut rappeler que le déficit prévisionnel pour le prochain exercice s’établit à -2 784,8 milliards de dinars, contre une prévision de clôture de -2 381,5 milliards de dinars de déficit budgétaire en 2020. Le solde global du Trésor devrait culminer en revanche à plus de -3 614 milliards de dinars, soit -17,6% du PIB global, contre un déficit prévisionnel de 2 954,9 milliards de dollars, soit -15,5% du PIB, rapporté dans la Loi de finances complémentaire de l’exercice actuel.
La loi de finances 2021 a été adoptée, mardi, faut-il le rappeler, à l’issue de débats axés essentiellement sur des déficits qui s’annoncent insoutenables ainsi que sur les prévisions d’une dévaluation plus soutenue de la monnaie nationale. <