La hausse du déficit budgétaire et le comment de son financement ont suscité la curiosité des députés qui, lors de l’examen du projet de budget pour 2021, n’ont pas hésité à mettre l’action du gouvernement et ses prévisions en la matière au centre d’une vive controverse. Les membres de la chambre basse du Parlement ont particulièrement critiqué le gouvernement sur son choix de laisser filer le déficit budgétaire, alors que la conjoncture suppose qu’il y ait un minimum de rigueur, ainsi que sur sa volonté de dévaluer davantage la monnaie nationale aux fins de revoir à la hausse le niveau des recettes de la fiscalité pétrolière libellée en dinar et renchérir les importations. Hier, le ministre des Finances, lors de ses réponses aux membres de la chambre basse du Parlement, a précisé que la hausse du déficit budgétaire au titre du prochain exercice est due essentiellement au fait que certaines dépenses deviennent incompressibles, alors que d’autres, liées, entre autres, à la prise en charge des conséquences de la crise sanitaire, sont venues se greffer à un budget marqué déjà par une hausse des dépenses. Le ministre cite le niveau des transferts sociaux comme étant une dépense incompressible du budget de fonctionnement, notamment en cette période marquée par l’érosion du pouvoir d’achat et la nécessité d’une prise en charge des familles en difficulté. Outre l’augmentation des dépenses de fonctionnement, la hausse du déficit budgétaire s’explique également, d’après le ministre, par les nouvelles dotations financières canalisées au profit de l’insertion professionnelle, la prise en charge par l’Etat des conséquences de la crise sanitaire et de l’exonération des bas salaires de l’impôt sur le revenu global. Quant à la prise en charge du déficit, le ministre des Finances a expliqué que le dispositif de refinancement des banques mis en place par la Banque centrale pourrait aider à libérer plus de liquidités bancaires, nécessaires pour le financement de l’économie. Aymen Benabderrahmane a indiqué également que l’Etat allait encourager les Partenariats public-privé comme moyen de financement et de gestion des projets d’investissement et d’équipement, soutenir davantage l’investissement privé et étranger, améliorer la collecte des impôts et le niveau de la fiscalité ordinaire à travers l’amélioration de l’assiette des cotisants. Il a cité dans ce sens certains articles du projet de loi de finances 2021 qui concourent à la lutte contre l’informel, l’évasion et la fuite fiscales. Le ministre a indiqué que plusieurs textes sont actuellement en cours pour diversifier les sources de financement du budget de l’Etat afin de l’affranchir de l’apport des revenus d’hydrocarbures en améliorant l’apport de la fiscalité ordinaire qui couvre actuellement environ 60% du budget de fonctionnement seulement. Le ministre s’est voulu optimiste quant à un retour de la croissance dès 2021, prévoyant une croissance positive de 3,98% et une évolution de +10% dans le secteur des hydrocarbures. n