Une exhortation que le chef d’état-major de l’ANP a faite, hier, lors d’une réunion d’«évaluation» de l’exercice 2020 en présence des cadres de l’armée.

Le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’Armée Saïd Chanegriha, a présidé, hier au siège du ministère de la Défense nationale, une réunion d’«évaluation» des actions entreprises par l’armée durant l’exercice 2020 et pour un échange sur les défis qu’il lui appartient de relever «à court et moyen termes», selon un communiqué du ministère. D’après la même source, M. Chanegriha s’est réuni avec le Secrétaire général du ministère, les Commandants de Forces, les chefs des Départements, le Contrôleur général de l’Armée, les Directeurs et chefs de Services centraux du ministère de la Défense et de l’état-major de l’ANP. Dans l’allocution d’«orientation» prononcée à cette occasion, il a souligné «l’intérêt extrême qu’il porte, depuis son accession à la tête de l’état-major de l’ANP, à l’élaboration d’une feuille de route aux repères bien définis», l’objectif étant d’avoir une armée algérienne «forte, moderne, développée» et à la hauteur des défis auxquels le pays fait face, a-t-il dit. «Les défis rencontrés nous appellent tous à nous hisser à la hauteur de la grandeur de l’Algérie» et qu’il est convaincu que «l’ANP, au regard de sa longue expérience, est capable de préserver le legs et d’être à la hauteur de la confiance que notre vaillant peuple a investi en elle». «En effet, ce sont d’énormes et dangereux défis qui requièrent que nous nous hissions à la hauteur de la grandeur de l’Algérie. Notre pays a été destiné, dans le temps, et est destiné encore à faire face aux défis et les relever, quels qu’en soient les sacrifices», a relevé le chef d’état-major. Si M. Chanegriha n’a, selon le communiqué du MDN, pas nommé explicitement ces défis, il est aisé de les reconnaître. Il s’agit de la lutte contre le terrorisme résiduel hérité de la décennie noire, comme on l’a constaté il y a plus d’une semaine, lors de l’opération menée à Mousselmoun, dans la région de Tipasa, ou celui débordant des frontières du Sahel, un espace d’activité dangereuse pour plusieurs groupes armées se réclamant d’Al Qaïda et d’autres franchises du même acabit. Il s’agit également des développements géopolitiques et géostratégiques en cours dans le grand ensemble maghrébin, notamment après l’annonce d’une normalisation des relations entre le Maroc voisin et Israël en contrepartie d’une reconnaissance par l’administration du président américain sortant Donald Trump de la «souveraineté» de Rabat sur le territoire du Sahara occidental, un théâtre de guerre anticoloniale et de conflit éligible à de multiples et futurs rebondissements. Il est également question de la préparation des forces armées algériennes à se conformer à ce qui est désignée par des analystes comme leur «nouvelle doctrine» de pouvoir se projeter hors du territoire national pour des opérations de maintien de la paix ou d’interposition. Tout cela, en perpétuant cette culture propre à cette armée algérienne «digne héritière de l’Armée de libération nationale, qui a acquis des expériences durant son combat acharné contre le terrorisme barbare, des durs enseignements et de son adaptation positive aux évolutions scientifiques et technologiques». Et qui est «capable de préserver le legs et d’être à la hauteur de la confiance que notre vaillant peuple a investi en elle», a déclaré le Général de corps d’Armée Saïd Chanegriha. A ce sujet, dans son allocution, le chef d’état-major a déclaré «veiller scrupuleusement à tracer une feuille de route claire» et d’«ancrer les repères dans les esprits des responsables et commandants d’unités» pour une «vision globale qu’il appartient à tout un chacun de se conformer à son esprit, d’en assimiler les idées et de s’engager entièrement à ses objectifs» pour la construction d’une armée performante «capable de relever tous les défis et remporter les enjeux du XXIe siècle». «Une armée fière de son passé et qui marche avec constance vers un avenir prometteur», a souligné Saïd Chanegriha.