PAR MILINA KOUACI
La Confédération des syndicats algériens (CSA) compte se réunir, cette semaine, afin de décider des actions à entreprendre pour concrétiser ses revendications, notamment celle liée à la protection du pouvoir d’achat. A en croire certains syndicalistes, une grève est «inéluctable».
Quinze syndicats de la Fonction publique, constituant la Confédération des syndicats algériens, se sont réunis la semaine écoulée par visioconférence, en raison de la flambée des cas de contamination au coronavirus. Ces syndicats devraient se retrouver cette semaine afin de décider des actions à entreprendre. La possibilité d’aller vers une action de grève n’est pas à écarter, laissent entendre des syndicalistes.
«Nous irons vers des actions de protestation», estime Boualem Amoura, secrétaire général du Satef. Dans le communiqué qui a sanctionné sa dernière réunion, la CSA a annoncé «implicitement» une action de grève, vu le malaise social qui prévaut, dit pour sa part Abdelouhab Lamri Zegar, porte-parole de l’Unpef. «L’amélioration du pouvoir d’achat ne tolère aucune tergiversation», ajoute M. Zegar. «Dans le contexte actuel, le recours à la grève devient inéluctable. Les syndicats autonomes ont accordé suffisamment de temps au gouvernement pour qu’il trouve une alternative pour améliorer le pouvoir d’achat.»
Il ajoute que la CSA n’a pas «cessé de mettre en garde le gouvernement sur la situation sociale des travailleurs». La CSA avait convenu d’observer des actions communes mais a fini par temporiser après que le président de la République a instruit, en octobre dernier, le gouvernement d’augmenter le point indiciaire et de réduire l’IRG. Alors que les travailleurs s’attendaient à une amélioration du pouvoir d’achat, le Premier ministre a annoncé que la révision du point indiciaire ne se fera qu’à partir du deuxième semestre de 2022. Une annonce qui a mis en colère les travailleurs. La CSA, qui estime que le pouvoir d’achat s’est dégradé de 60 % durant la dernière décennie, a exigé récemment d’augmenter dans l’immédiat le point indiciaire et mis en garde contre les tentatives d’opérer une «augmentation symbolique». La CSA demande, par ailleurs, de mettre en place un observatoire national du pouvoir d’achat. Sur un autre volet, la CSA demande de consolider les droits et libertés syndicales et de garantir la protection du délégué syndical. Elle a réclamé, en effet, que les modifications qui seront apportées à la loi 90/14 relative aux modalités d’exercice du droit syndical soient conformes aux dispositions des conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Elle revendique, par ailleurs, que la nouvelle loi permette aux organisations syndicales de constituer des fédérations, unions et confédérations et promeut la liberté et le droit syndical et ce, en autorisant la tenue de grèves, ainsi que l’organisation de rassemblements et manifestations. La CSA appelle, également, les autorités compétentes à autoriser les retraités à constituer des syndicats leur permettant de défendre leurs droits moraux et financiers. <