Le Parti pour la laïcité et la démocratie (PLD) ne fait plus partie du Pacte de l’Alternative démocratique (PAD). C’est ce qu’ont annoncé, hier, les responsables de cette formation qui ont déjà quitté ce conglomérat avant de le réintégrer pour finir, encore une fois, par le quitter. Dans leur déclaration, ils estiment que «l’Algérie n’est pas
à sacrifier sur l’autel de Sain’Egidio bis». Ils justifient leur décision par l’appel du PAD aux autres forces politiques, à comprendre les formations islamistes, à rejoindre ses structures. Le combat des Algériens contre le système «est inséparable de celui à mener contre l’islamisme politique d’autant que celui-ci a une responsabilité abyssale dans la boucherie de ces dernières décennies et que son idéologie est antagonique aux exigences d’un Etat de droit», écrivent les responsables du PLD, ajoutant qu’«une idéologie qui fonctionne aux canons de la charia, qui exclut la moitié de la société de la citoyenneté, qui a une pente naturelle vers la violence, trouvera toujours le moindre prétexte pour s’exonérer du respect des règles élémentaires de la démocratie et s’affranchira demain sans état d’âme des engagements pris par opportunisme pour s’autoriser tout, y compris le pire».
«Au lieu d’isoler politiquement le système et l’islamisme politique, et de se consacrer avant toute chose à rassembler les démocrates et à sceller leur union sur la base concrète d’un programme commun, le PAD tourne le dos au PLD et au mouvement citoyen et se fourvoie en s’élargissant aux ennemis de la démocratie et des libertés». Il dénonce, par ailleurs, «cette pseudo politique d’union nationale, que vient d’initier le PAD dans sa déclaration du 19 novembre 2020, à l’occasion du 1er anniversaire du 22 février, est en fait le pavillon de complaisance à toutes les compromissions. La responsabilité du PAD est totalement engagée dans le contexte délétère d’aujourd’hui». «Le PLD refusera de cautionner ceux qui ont fait de l’Algérie un pays exsangue et tenté de mettre son peuple sous tutelle», lit-on encore dans la déclaration, estimant que «comme nous combattrons sans relâche ceux qui ont fait de l’Algérie un cimetière à ciel ouvert et qui ne s’embarrasseront pas d’y mettre le feu une nouvelle fois pour arriver à leurs fins. Neutraliser ces deux monstres, le système et l’islamisme politique, n’est pas chose aisée, mais l’intérêt suprême du pays aurait commandé de ne pas conduire l’attelage du PAD dans la direction opposée». Le PLD a ajouté que
«l’histoire du pays a montré l’inanité de tels choix comme l’avait si bien illustré la trahison de San‘Egidio il y a déjà 25 ans. Plus que jamais, l’histoire met en demeure les démocrates de s’unir le plus étroitement possible sous peine de faire disparaître sous les décombres des compromissions et des lâchetés, la chance qu’a l’Algérie de construire l’Etat de droit sous l’impulsion du magnifique mouvement citoyen du 22 février. L’étape charnière que nous vivons exige de nous de changer de paradigme et de réfléchir en termes de ruptures pour préparer le pays aux échéances du futur». Scellant son retrait du PAD, le PLD précise que le parti «ne se reconnait plus dans le tournant extrêmement dangereux que vient de prendre le PAD et s’en retire définitivement».