L’Algérie va pouvoir augmenter ses capacités de production gazière à la faveur de la nouvelle découverte de gaz dans la région de Hassi R’mel, ce qui lui permettra d’honorer ses «engagements» d’exportation «plus facilement» que ce qui était prévu il y a quelques mois et avec un gain de temps considérable, selon le directeur de la Division pétrolière Engineering Developpement de l’Activité exploration et production à Sonatrach, Mahmoud Djidjeli.
«Avec le nouveau gisement gazier découvert tout récemment à Hassi R’mel, Sonatrach peut mettre 10 milliards de mètres cubes (m3) de gaz supplémentaires sur le marché mondial d’ici à la fin de l’année», a-t-il déclaré, hier, sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale. La nouvelle découverte de gaz est importante à plus d’un titre, car outre les 10 milliards de m3 planifiés pour la fin de l’année, d’autres perspectives seront exploitées pour augmenter la production sur ce même lieu, a-t-il fait savoir. Il s’agit de «la cadence de forage et de récupération des puits qui va se poursuivre en 2023», selon ce même responsable. «Non seulement l’importante nouvelle découverte va permettre de récupérer – par injection de gaz – les puits qui sont fermés et qui se trouvent en périphérie du nouveau gisement découvert, mais il y a également une autre opportunité qui se présente, à savoir celle de fermer certains puits qui produisent aujourd’hui dans le trias à des débits faibles, relativement à 200.000 m3 par jour, pour pouvoir produire sur ce niveau le lias qui est de l’ordre d’un million de m3 par jour», a expliqué Mahmoud Djidjeli. De la sorte, «on fera passer les puits d’une production de 200.000 m3/jour à 500.000 m3/jour», a-t-il ajouté. La nouveauté de ce nouveau puits que Sonatrach a testé, a-t-il affirmé, c’est qu’il «dépasse le million de mètres cubes par jour et 200 mètres cubes de liquides». Les évaluations ont montré que ces réserves peuvent être «de l’ordre au moins de 100 milliards de m3 en place, dont 70% sont identifiés comme récupérables». Ces nouvelles donnes amènent l’invité de la Radio nationale à conclure sur le volet production que «la capacité en termes de production au niveau de la région de Hassi R’mel va augmenter significativement». Ainsi, «cela donne une flexibilité à Sonatrach et à l’Algérie d’honorer certains engagements qu’elle a contractés récemment», a-t-il dit, précisant que «ces nouveaux engagements pourront être honorés encore plus facilement que ce qui était planifié au début de l’année». En d’autres termes, les engagements d’exportation se feront de façon plus aisée. Relevant que «la découverte de ce nouveau gisement à Hassi R’mel est réalisée à 100% par la Société nationale des hydrocarbures Sonatrach, M. Djidjeli a mis en avant une autre facilitation qui lui permet de gagner du temps pour les opérations d’exportation. Hassi R’mel est une région gazière où l’exploration, l’exploitation et la production de gaz ne datent pas d’hier. Connu pour être un grand gisement gazier, Hassi R’mel dispose déjà d’infrastructures en la matière prêtes à l’emploi du fait que d’autres découvertes y ont été faites par le passé.

La disponibilité des infrastructures, une aubaine

«La disponibilité des réseaux de transport et autres infrastructures permettra donc une exploitation rapide des gisements», a tenu à noter le responsable à Sonatrach, précisant que «l’installation pour le traitement existe, le réseau de collecte de la future production existe également». Ce qui reste, c’est qu’il y a «juste une optimisation de ce réseau afin qu’il soit en concordance avec le réseau actuel qui exploite le trias». Selon M. Djidjeli, l’emplacement de cette découverte revêt une importance particulière. Il le qualifie même de «plus important que les volumes qu’elle va offrir». «Contrairement aux autres gisements, celui-ci peut être développé en six mois vu son emplacement, car tout est fin prêt, à savoir le planning des travaux, les installations pour le traitement, etc.», a-t-il fait remarquer. Tout cela pour dire que «l’opportunité qu’offre la nouvelle découverte à Hassi R’mel est plus en termes de gain de temps que par rapport à la taille de la découverte», a tenu à souligner Mahmoud Djidjeli. Il a rappelé, par ailleurs, que d’autres gisements pétroliers et gaziers sont en cours d’exploration en Algérie, indiquant que 80% de l’activité de Sonatrach est centrée sur l’exploration. «Nous avons déjà entamé le développement de la zone de Touggourt, qui a un potentiel de 80.000 barils par jour», a-t-il détaillé, ajoutant, que le gisement de Ain Tsila, situé dans la wilaya d’Illizi, va entrer en production à partir de l’année prochaine avec une capacité de 12 millions de m3 par jour. Abordant l’exploration pétrolière en offshore, il a indiqué qu’ils ont commencé. «La séismique 3D a déjà été acquise et évaluée au large de Skikda, et les travaux se poursuivent à Tlemcen, Mostaganem, Béjaia», selon ce cadre qui a, toutefois mentionné que le potentiel offshore n’est «pas encore avéré à l’heure actuelle», non sans évoquer les coûts élevés d’investissement dans ce domaine.