S’il pouvait subsister encore un quelconque doute sur la position de l’Union générale des travailleurs algériens vis-à-vis de la prochaine élection présidentielle, il a sans doute fini par être chassé hier à travers la motion de soutien officielle spéciale de sa direction nationale appelant Abdelaziz Bouteflika à briguer un cinquième mandat.

Les appels lancés depuis déjà le premier mai par le SG de l’UGTA à l’adresse de Abdelaziz Bouteflika en prévision de l’élection présidentielle de 2019 sont donc confortés et frappés du sceau de l’officiel, et la réunion d’hier à El Achour aura, en plus de vanter les acquis de la force syndicale number one en Algérie, servi à exploiter l’opportunité de la rentrée sociale pour saluer «l’immense œuvre» apportée par le chef de l’Etat aux citoyens, aux travailleuses, aux travailleurs et aux retraités dans les domaines économiques, sociaux et sociétaux, avant de l’appeler à poursuivre cette œuvre.
L’UGTA de Sidi Saïd plante donc ses décors sur le terrain d’une campagne électorale entamée bien avant l’heure sous la houlette exclusive des partisans du cinquième mandat qui commencent à se bousculer au portillon.
Habitué lors des échéances électorales à soutenir le candidat Abdelaziz Bouteflika, la Centrale syndicale d’Abdelmadjid Sidi Saïd se retrouve aujourd’hui à devoir évoluer dans une configuration inédite qui reconsidère les règles du jeu politique et oblige à provoquer un cinquième mandat pour lequel le principal concerné ne s’est pas encore prononcé, même si la « pression » faite dans cette perspective par les poids lourds de la scène politique nationale est un signe qui ne trompe pas sur la présence de Bouteflika dans la course à sa propre succession, le printemps prochain. Avant l’appel à un cinquième quinquennat lancé par la direction nationale de l’UGTA, Sidi Saïd, qui a déjà bouclé ses vingt ans à la tête de la Centrale syndicale a laissé entrevoir son départ pour cause de maladie. Mais il ne partira sans doute pas avant avril prochain.