Par un décret exécutif signé hier, le Premier ministre Abdelaziz Djerad a décidé d’aménager les horaires de confinement partiel à domicile dans le sens d’une plus grande liberté de mobilité et de préparation sans doute à un déconfinement total en perspective de la prochaine rentrée sociale. Un pari lancé, dès aujourd’hui, 9 août. Jusqu’à la fin du mois, période test pour surveiller la courbe épidémique du Covid-19, les Algériens pourront circuler normalement de 6 heures du matin à 23 heures dans
29 wilayas du pays où l’interdiction de la circulation routière pour les particuliers a été également levée. A partir du 15 août, les mosquées, les plages, les cafés, les restaurants et les professions au contact du grand public rouvriront leurs portes pareillement.

La gestion du confinement aborde, à partir d’aujourd’hui, un nouvel encadrement qui s’inscrit dans le prolongement des dernières mesures d’adaptation et d’assouplissement décidées par les autorités publiques, ces dernières semaines, notamment en cette période estivale où il y a une forte envie de détente et de distraction après plusieurs mois d’anxiété à cause de la crise sanitaire et son lot de restrictions. Par contre, il a été décidé de proroger la mesure portant interdiction de la circulation du transport urbain collectif public et privé durant les week-ends, dans les 29 wilayas concernées par la mesure du confinement partiel.
Après donc avoir ouvert la voie à la réouverture «progressive» des lieux de cultes, des plages et des espaces de loisirs, c’est un aménagement des horaires du confinement qui a été apporté afin de permettre vraisemblablement aux populations de souffler en atténuant le poids des restrictions de mouvement et de circulation.
Valable jusqu’au 31 août en cours, les horaires de confinement à domicile sont désormais de 23H au lendemain 06H pour 29 wilayas, ce qui donnent trois heures supplémentaires de liberté de mouvement, notamment aux vacanciers et aux estivants.
Les wilayas concernées sont Boumerdès, Souk-Ahras, Tissemsilt, Djelfa, Mascara, Oum El Bouaghi, Batna, Bouira, Relizane, Biskra, Khenchela, M’sila, Chlef, Sidi Bel Abbès, Médéa, Blida, Bordj Bou-Arréridj, Tipasa, Ouargla, Béchar, Alger, Constantine, Oran, Sétif, Annaba, Béjaïa, Adrar, Laghouat et El Oued.
D’autant plus que le gouvernement Djerad a annoncé, hier, dans un communiqué, la possibilité aux citoyens d’accéder à partir de samedi prochain aux mosquées, plages autorisées et contrôlées et autres espaces de détente et de loisirs. «En application des instructions du Président de la République, Abdelmadjid Tebboune, chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, données lors de la réunion du Haut-conseil de sécurité du 3 août 2020, et au terme des consultations avec le Comité scientifique et l’autorité sanitaire, le Premier ministre a arrêté le dispositif de mise en œuvre de la décision portant ouverture graduelle et contrôlée des plages, des espaces récréatifs, des lieux de plaisance et de détente, des hôtels, cafés et restaurants et ce, dans le respect des protocoles sanitaires de prévention et de protection contre la propagation de l’épidémie», a précisé la même source.
Il a été, cependant, rappelé aux citoyens la nécessité, voire l’impératif, de ne pas se départir des mesures de prévention édictées depuis l’apparition du virus par les autorités sanitaires surtout que bilan quotidien des contaminations à la Covid-19 est loin d’encourager un quelconque relâchement dont les conséquences seraient plus lourdes. «Les citoyens pourront accéder à partir de samedi 15 août 2020 aux plages autorisées et contrôlées, aux lieux de détente et espaces récréatifs et de loisirs dans le respect du dispositif préventif d’accompagnement, qui sera mis en place par les autorités locales», a ajouté, dans ce sens, le communiqué des services de Djerad.
Il a été, par ailleurs, indiqué que les walis peuvent, après accord des autorités compétentes, prendre toutes mesures qu’exige la situation sanitaire de chaque wilaya, notamment l’instauration, la modification ou la modulation des horaires, de la mesure de confinement à domicile partiel ou total ciblé d’une ou de plusieurs communes, localités ou quartiers connaissant des foyers de contamination. Bien que l’Exécutif ait fixé la date du 15 août pour l’autorisation de baignade, il a été précisé qu’il appartient aux walis «d’organiser la réouverture graduelle des plages, espaces récréatifs et de divertissement, lieux de plaisance et de détente et de tenir les citoyens informés des dates d’ouverture respectifs de ces lieux».
S’agissant de la reprise de l’activité des hôtels, cafés et restaurants, elle demeure subordonnée, note le communiqué des services du Premier ministère, à «la mise en œuvre d’un protocole sanitaire de prévention et de protection qui inclura notamment les mesures suivantes : l’utilisation en priorité des terrasses et l’exploitation d’une table sur deux dans les espaces intérieurs, le port obligatoire du masque de protection, l’organisation de la distanciation physique à l’intérieur et à l’extérieur du local, la désinfection régulière des lieux, des tables, des chaises et des autres équipements».
Par ailleurs, il a été décidé de la levée de l’interdiction de la circulation routière des véhicules particuliers, de et vers les 29 wilayas concernées par la mesure du confinement partiel. Par contre, le gouvernement a opté pour la prorogation de la mesure portant interdiction de la circulation du transport urbain collectif public et privé durant les week-ends dans les 29 wilayas concernées par la mesure du confinement partiel.
Ce défonfinement partiel et limité est-il annonciateur d’une levée totale des mesures restrictives en perspective de la rentrée scolaire sociale et scolaire ? Cela se vérifiera sans doute sur la base des conclusions qui seront tirées de cette deuxième quinzaine du mois d’août partiellement déconfinée qui sera vraisemblablement déterminante sur l’évolution de la situation épidémique. Pour le gouvernement, «la levée ou le maintien du dispositif de confinement dépendra ainsi de l’évolution de la situation épidémique, dont la stabilisation permettra aux pouvoirs publics d’envisager des mesures supplémentaires d’allégement». n