PAR NAZIM B.
C’est aujourd’hui qu’aura lieu le procès en appel du journaliste Rabah Karèche, condamné le 12 août dernier à une année de prison dont 8 mois fermes et 4 mois avec sursis. Le Parquet de Tamanrasset avait requis une peine de trois ans de prison ferme et une amende de 20 000 DA.
En détention depuis le 19 avril dernier, Rabah Karèche est poursuivi pour les chefs d’inculpation d’«administration d’un compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société», «diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public» et «usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et à l’unité nationales».
A ces chefs d’inculpation, et au maintien en détention provisoire du journaliste, ses avocats avaient réagi de manière continue pour affirmer que «Karèche n’a fait que son travail et de manière professionnelle». Ces derniers avaient introduit une demande de liberté provisoire au lendemain de son incarcération, mais celle-ci avait été rejetée le 27 avril par la Cour de Tamanrasset.
Les avocats du journaliste ont rappelé, aussi bien lors des plaidoiries que dans leurs déclarations publiques que Rabah Karèche avait été convoqué par les services de police et maintenu en garde à vue au commissariat central, où il a été longuement interrogé sur un article traitant d’une manifestation citoyenne à Tamanrasset contre le nouveau découpage territorial.
Le 17 juin, le juge d’instruction près du même tribunal avait ordonné le renvoi de l’affaire devant le tribunal correctionnel, avait alors fait savoir son avocat Maître Amirouche Bakouri, précisant qu’en considération de la date de ce renvoi, le procès de Rabah Karèche allait se tenir dans un délai maximum d’un mois, soit au plus tard le 17 juillet. Mais entre-temps le Parquet avait introduit, le 23 juin, un appel contre ce renvoi devant le tribunal correctionnel et la comparution du journaliste incarcéré n’a pu avoir lieu tel que suggéré après le renvoi initial du magistrat instructeur.
L’emprisonnement de Rabah Karèche a suscité la solidarité de la part de quelques segments de la presse qui se sont mobilisés dès son incarcération. «La sentence qui est imposée à Rabah Karèche est injuste. Par cet emprisonnement, on prive Tamanrasset d’un de ses plus brillants journalistes, une épouse, de son mari, et deux enfants, de leur père», a indiqué avant-hier, dans un communiqué l’Organisation non gouvernementale, Amnesty International, laquelle a soutenu que «ce verdict inique doit être annulé et le journaliste libéré». Le journaliste est incarcéré depuis 168 jours… n