Mgr Henri Teissier est mort ce mardi matin, à Lyon (France), a annoncé l’archevêque d’Alger, Mgr Paul Desfarges. Le défunt a été archevêque d’Alger de 1988 à 2008. Né à Lyon en 1929, ordonné prêtre à Alger en 1955, nommé évêque d’Oran en 1972, il a été nommé archevêque coadjuteur d’Alger en 1980 aux côtés de Mgr Duval. Installé comme archevêque en 1988, il était archevêque-émérite depuis octobre 2008. Ces dernières années, il partageait son temps entre Alger et Lyon, et les réponses à de multiples sollicitations d’écrits ou de conférences à travers le monde. Dans son communiqué,
Mgr Paul Desfarges précise que Mgr Henri Tessier « se préparait à donner dès la réouverture des lignes aériennes une retraite à l’ensemble des prêtres d’Algérie ».

Il a été un grand serviteur de l’Eglise en Algérie, de la Conférence épiscopale d’Afrique du Nord dont il a été président de 1983 à 2008, et de l’Eglise universelle. Mgr Teissier, alors archevêque d’Alger, a été membre du Conseil Permanent du SCEAM Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et de Madagascar de 1983 à 2009. Il a été élu membre du Conseil du Synode de 1985 à 2009 : il s’agissait d’abord de préparer le Synode de 1985 pour le vingtième anniversaire du concile Vatican II et d’en faire le compte-rendu, puis de préparer le Synode pour l’Afrique de 1994, premier Synode régional.

Témoignage du Vicaire général d’Alger, le père Christophe Ravanel, pour Reporters :

« Avec Henri Teissier, je perds comme un père en Algérie. Pas seulement parce qu’il était né le même jour que mon père, mais aussi parce qu’il m’a accueilli dans l’Eglise d’Alger en 2005. C’était un homme que chacun pouvait aller trouver le matin à l’évêché vers 8h-8h30 quand il y arrivait, pour un conseil, une demande, un besoin quelconque. Il m’a soutenu dans plusieurs initiatives et projets et il m’avait demandé en 2007 de faire partie de son conseil épiscopal : nous nous réunissions tous les 15 jours le jeudi après-midi : c’était intense !

Je garde aussi le souvenir des larmes qui lui venaient souvent aux yeux lorsqu’il évoquait avec passion mais aussi émotion les années 90. A combien d’enterrements il a assisté alors, les gens se demandant entre eux qui serait le prochain. A plus de 90 ans il gardait une excellente mémoire des personnes et des événements. Nous perdons un père, un frère, un ami, mais nous gagnons un compagnon au ciel. Qu’il continue de nous aider et d’aider l’Algérie qu’il aimait tant ».