Décédé à l’âge de 73 ans des suites de maladie, l’écrivain Nouresddine Saâdi sera enterré en France, au cimetière musulman de Thiais, le lundi 18 décembre. Auteur de plusieurs livres (romans et essais), il s’est aussi intéressé à l’art et aux artistes, en signant des monographies.

Son dernier roman, «Boulevard de l’Abîme» est sorti, en septembre dernier aux éditions Barzakh, à l’occasion du SILA 2017, auquel il avait notamment pris part. L’écrivain et universitaire Noureddine Saadi est décédé, jeudi après-midi, à l’âge de 73 ans, des suites de maladie. Il sera enterré le lundi 18 décembre au cimetière musulman de Thiais en France. Auteur de romans, d’essais, de chroniques et de monographies, Noureddine Saâdi laisse une œuvre riche et diversifiée. Né à Constantine, en 1944, Noureddine Saadi s’installe à Alger en 1962 et milite dans ses associations et des organisations syndicales. Il enseigne le droit à Alger, et après octobre 1988, il est «membre du Comité algérien contre la torture, [et] écrit des reportages, des nouvelles». Il quitte l’Algérie en 1994 pour s’installer à Douai où il enseigne à l’université d’Artois. «Dieu le fît», son premier roman, sort en 1996 chez Albin Michel. Lauréat du prix Kateb-Yacine, ce roman «est l’histoire d’un bidonville sur le point d’être rasé et dont les habitants sont sommés de rejoindre leurs douars d’origine». Il publie, en 2000, chez Albin Michel, «La maison de lumière», puis en 2005, paraît en Algérie aux éditions Barzakh, son roman «La nuit des origines», un livre qui aborde l’Algérie par l’allégorie et par lequel il «plante le décor de son imagination entre Constantine, ville de son enfance et les puces de Saint-Ouen, lieu réel mais totalement réinventé, tel un pays des merveilles, drôles et cosmopolite». Barzakh a publié, aussi, en 2008, son livre «Il n’y a pas d’os dans la langue –rêves et autres histoires». Né sous son impulsion, «Ce jour-là» (éditions Chihab) est un recueil collectif de 17 nouvelles, qui racontent d’un point de vue intime et incarné le 5 juillet 1962. Noureddine Saâdi a réuni autour de lui seize écrivains, pour raconter une histoire ayant eu lieu, un certain jeudi 5 juillet 1962. Chez ce même éditeur (Chihab), Nourredine Saâdi a réalisé une monographie sur la diva Houria Aïchi («Houria Aïchi, dame de l’Aurès», 2013). Il est aussi l’auteur d’une monographie sur Rachid Koraïchi aux éditions Actes Sud en 1999 ; ainsi qu’une autre sur Denis Martinez, paru en 2003 chez Barzakh et Le Bec en l’Air, et un essai sur Matoub Lounes (Albin Michel, 1999). Son dernier roman, «Boulevard de l’abîme» est sorti à l’occasion du 22e Salon international du livre d’Alger (du 26 octobre au 5 novembre). Nourredine Saâdi y avait pris part et a dédicacé ce livre qui croise «les récits et les points de vue», et se situe «entre le polar et le récit historique».
Présenté par l’éditeur comme «un roman d’introspection, entre quête, à chaque ligne, de la (ou des) vérité(s)». Nourredine Saâdi a, par ailleurs, publié des essais de sociologie dont «Femmes et lois en Algérie» (1991), «Sexe, droit et reproduction» (1996), et «Journal intime et politique, Algérie 40 ans après» (avec Maïssa Bey, Mohammed Kacimi, Boualem Sansal et Leïla Sebbar), en 2003. Il a aussi signé de nombreuses contributions et chroniques dans la presse algérienne et française.

 

Sources : «Petite encyclopédie de l’Algérie» d’Achour Cheurfi (éditions Dalimen, 2013) sur la base d’un article d’Arezki Metref in «Liberté» (24 février 2000) ; APS ; éditions Barzakh.