PAR MILINA KOUACI
La campagne de vaccination au profit des fonctionnaires du secteur de l’Education commence aujourd’hui. Ce rendez-vous ouvre une étape importante en perspective de la rentrée scolaire reportée au 21 septembre alors qu’elle était initialement prévue pour le début du mois prochain.
La vaccination des fonctionnaires des établissements scolaires sera suivie par celles des autres personnels du secteur (enseignants, adjoints d’éducation…) une échéance que permet désormais le report de la rentrée scolaire officialisée la mercredi dernier par la tutelle.
Comment est perçue par le personnel de l’éducation cette opération de vaccination ?
Selon des organisations syndicales du secteur, si une partie du personnel du secteur est pour l’obligation vaccinale, d’autres privilégient, d’abord, un travail de sensibilisation afin de convaincre les récalcitrants et réticents de la nécessité de se faire vacciner pour préserver leur santé et pouvoir atteindre l’immunité collective et, in fine, réussir l’opération.
«La campagne de vaccination devrait être précédée par un travail de sensibilisation envers les personnes éligibles au vaccin. Mais en dépit des appels des autorités publiques, le personnel du secteur, comme tout citoyen, exprime des doutes et réticences», estime Sadek Dziri, président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef).
Le même responsable note cependant que certains fonctionnaires n’ont pas attendu le lancement de la campagne de vaccination dans le secteur pour se faire vacciner.
Des enseignants ont déjà reçu leur dose de vaccin anti-covid-19 comme le reste des citoyens, indique M. Dziri.
Ainsi, il prévoit que l’engouement sur la vaccination sera «important» si les concernés seront convaincus des vertus et bénéfices de la vaccination.
«Les corps médical et paramédical ainsi que de hauts responsables se sont déjà faits vaccinés sans qu’il n’y ait des complications. Pourquoi pas le personnel de l’éducation d’autant que la vaccination est une protection individuelle et collective ?», s’interroge le président de l’Unpef.
Il rappelle que les citoyens, il y a quelques semaines, faisaient la queue devant les services de vaccination anti Covid avant la hausse inquiétante des cas de contaminations.
«Avec la propagation du variant Delta de coronavirus, les algériens se sont approchés volontiers des centres de vaccinations pour recevoir leur dose de vaccin. Le personnel du secteur devrait comprendre que la vaccination le protégera et préservera sa santé», insiste M. Dziri.
Pour lui, les autorités publiques «ne peuvent instaurer l’obligation vaccinale, mais les professionnels du secteur doivent comprendre en parallèle pourquoi nous avons besoin de se faire vacciner».
Quant à Messaoud Boudiba, porte-parole du Cnapeste, (Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation), il estime que la vaccination est un «comportement individuel» qui ne peut être soumis à une obligation.
«La vaccination ne représente qu’un élément de la protection et de prévention contre la propagation de l’épidémie», soutient-il, proposant de mettre à disposition des écoles les «moyens humains et matériels pour l’application du protocole sanitaire et le respect des mesures barrières dans le milieu scolaires».
Mais pour le même syndicaliste, il ne fait point de doute, que la campagne nécessite de renforcer la sensibilisation auprès des concernés.
Plan exceptionnel
Par ailleurs et sur un autre registre, le ministère de l’Éducation nationale a dévoilé le plan exceptionnel de l’organisation de l’année scolaire et du déroulement des cours.
Les élèves des trois cycles auront classe tous les jours de semaine à l’exception du vendredi et du samedi. Les cours seront dispensés durant la matinée et l’après-midi pour un volume horaire d’une heure pour chaque séance. Ainsi, les cours prendront fin à 17 h pour le cycle moyen et 17 h 30 pour le cycle secondaire. Comme l’année précédente, les plans exceptionnels de la tutelle seront adaptés aux spécificités de chaque établissement scolaire, avec la reconduction du mode d’enseignement par répartition de groupes.
De leur côté, les syndicats redoutent d’entamer l’année scolaire avec des actions de protestations car les conditions de travail ne vont pas différer de celles de l’année écoulée, où le corps enseignant en particulier s’est plaint du volume horaire augmenté.
Les organisations syndicales exigent à ce propos l’ouverture de postes budgétaires pour pallier le manque d’enseignants, notamment les cycles moyens et secondaires où les instituteurs assurent jusqu’à 10 heures de travail supplémentaire.
«Le débat sur le volume horaire est encore soulevé», dit M. Dziri. En temps normal, les enseignants du cycle moyen travaillent 22 heures par semaine, et ceux du secondaire 18 heures, «c’est intenable».
La solution, selon le président de l’unpef, est dans l’ouverture de postes budgétaires, notamment dans les matières connaissant un manque d’enseignants.
Il cite, entre autres, les mathématiques, la langue française, la langue arabe, les sciences islamiques et l’Histoire-géographie. Une position partagée par le porte-parole du Cnapeste, M. Boudiba, qui appelle à l’intégration des contractuels et l’ouverture d’un concours sur titre. n