A la veille de l’ouverture, à Glasgow, de la 26e COP (conférence sur le climat), le Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé les pays les plus industrialisés du G20 à revenir «sur le bon chemin». Un terme presque religieux que le responsable onusien estime nécessaire face au «risque grave d’échec» de la conférence internationale, et plus encore, face au risque d’une «catastrophe climatique» à venir.

Par Nadir Kadi
La conférence, dont l’ouverture officielle est prévue aujourd’hui et dont les négociations débuteront le lendemain 1er novembre, doit réunir durant 12 jours plus de 20 000 personnes, dont 120 dirigeants, mais aussi des diplomates, des chercheurs, des chefs d’entreprise, des représentants d’ONG et des journalistes… issus des près de 200 pays. Conférence qui affiche l’ambition «d’aller plus loin» que les précédentes réunions du même genre, et notamment de la COP21, organisée à Paris en 2015, Antonio Guterres a déclaré à ce titre : «Sur tous nos objectifs climatiques, nous avons du chemin à faire et nous devons accélérer l’allure (…) Ce n’est pas trop tard, mais nous devons agir maintenant.» Une déclaration qui fait suite aux craintes «d’échec» exprimées par le responsable lors d’une conférence de presse à la veille d’une réunion des chefs d’Etat et de gouvernement du G20 à Rome : «Ce n’est pas une prédiction, c’est un avertissement. Nous avons encore le temps de remettre les choses sur le bon chemin et cette réunion du G20 est l’occasion de faire cela.» L’urgence pour Antonio Guterres reposerait en priorité sur les épaules des pays les plus industrialisés qui auraient une «responsabilité particulière» du fait de leur plus importante part dans les émissions mondiales de gaz à effet de serre : «Si nous voulons un succès réel, et pas seulement un mirage, nous avons besoin de davantage d’ambition et de davantage d’action.»
Craintes «officielles» exprimées par le responsable onusien qui traduisent également les controverses engendrées par les «politiques» de lutte contre le changement climatique de ces dernières années et leurs conséquences sur les économies, les intérêts nationaux ou encore sur la taxation des énergies dans les pays du G20. Antonio Guterres estime, pour sa part, que la réussite de la COP-26 est une question de confiance : «Ce sera seulement possible avec une mobilisation massive de volonté politique et cela requiert de la confiance entre les acteurs clés», celle-ci serait en effet «limitée» entre les grandes économies tant émergentes que développées ; les pays industrialisés du G20 sont en ce sens invités à donner l’exemple, avait fait savoir le Secrétaire général de l’ONU à la veille de la réunion de Rome : «L’objectif le plus important de cette réunion du G20 doit être de rétablir la confiance.»
Quant aux décisions attendues à l’issue de cette 26e édition de la COP, il s’agit en substance, et selon la presse spécialisée et les déclarations des organisateurs, de «limiter» à un niveau inférieur à 2°C (de préférence 1,5 °C) le réchauffement de la planète par rapport à son niveau préindustriel. Une ambition et un objectif «possibles», expliquent les tenants de la thèse du «réchauffement climatique d’origine humaine» en réduisant les émissions de gaz à effet de serre, dont le gaz carbonique. Toutefois les engagements en ce sens, annoncés par les Etats signataires, lors des dernières conférences sur le climat, n’auraient pas été suivis des faits – ou pas suffisamment –, le Secrétaire général de l’ONU déclarait en ce sens : «Quand je vois à quel point nous sommes loin de là où nous devrions être, je suis profondément inquiet.»
Le Programme des Nations unies pour l’environnement chiffre, pour sa part, les engagements de réduction des émissions actuelles de gaz à effet de serre à «sept fois» inférieurs à ce qu’ils devraient être «pour espérer atteindre» l’objectif d’un réchauffement de 1,5° C à l’horizon 2050.
Conférence issue de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 1992 et qui a notamment abouti à la signature du Protocole de Kyoto en 1997 et l’Accord de Paris en 2015. Cette 26e rencontre continue d’appeler les Etats à adopter des politiques visant à la «neutralité carbone» et à ce titre, il est à souligner que l’Algérie a récemment affiché des ambitions en ce sens. Le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane avait, en effet, fait savoir le 25 octobre dernier lors du Sommet «Initiative du Moyen-Orient Vert» de Riyad (Arabie saoudite), que l’Algérie était entièrement disposée à «soutenir toute initiative visant à freiner le réchauffement climatique et à lutter contre la désertification, la sécheresse et les feux de forêt auxquels la région arabe est exposée». n