C’est aujourd’hui que s’ouvre au palais de la culture Moufdi-Zakaria d’Alger un symposium consacré à la finance islamique avec pour thème « Apports de la finance islamique à l’économie nationale, enjeux et opportunités ».

Un événement que l’on peut qualifier d’important du fait qu’il intervient à un moment, où sur la place financière du pays, les produits de la finance tardent à se mettre en place en dépit de nombreuses initiatives prises dans ce sens par la Banque d’Algérie et le ministère des Finances. Une lenteur d’exécution qui ouvre les portes à de nombreuses critiques et faisant croire par voie de conséquence à un manque de volonté des pouvoirs publics de rendre effective la commercialisation des produits de la finance islamique.

Pour l’heure, et si l’on en croit les dernières déclarations du gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Loukal, tout est fait prêt. Cela dit, et pour revenir au symposium, il faut croire que ce sera une occasion pour toutes les parties prenantes du pays d’avoir une idée sur les différentes expériences observées à travers le monde, soldées par un échec ou une réussite, dans l’implémentation de la finance Islamique. Et, par ailleurs, d’avoir l’opportunité d’en tirer les meilleurs enseignements de ce symposium, dès lors où les organisateurs ont élaboré un riche programme de conférences touchant à divers aspects de la thématique et animés par 25 conférenciers de divers pays qui se succéderont à la tribune aux côtés de nombreux nationaux représentant des institutions, des établissements financiers, des banques, de la Bourse d’Alger, ainsi que les compagnies d’assurance.
Il convient de savoir que ce symposium sera rehaussé par d’éminents spécialistes des produits de la finance islamique, notamment le professeur Christos Alexakis.
Ce dernier, dont il est utile de rappeler qu’outre son expérience académique puisqu’il a enseigné dans les universités de York, Leeds, Bradford, les universités d’Athènes et du Pirée, possède une vaste expérience professionnelle sur les marchés financiers car ayant été au cours de sa carrière directeur exécutif de diverses sociétés financières.
Christos Alexakis a écrit de nombreux articles scientifiques publiés dans des revues spécialisées de grande qualité, ainsi que plusieurs ouvrages sur la finance.
Depuis 2016, il est membre du groupe des parties prenantes de l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) en tant qu’universitaire de premier rang dans le domaine de la finance en Europe. Depuis avril 2017, il est membre du comité de sélection du Fonds hellénique de stabilité financière (HFSF) en tant que représentant de la Banque de Grèce.
Soulignons enfin que la finance islamique intéresse de plus en plus la scène financière internationale. En effet, selon le récent rapport de Deloitte d’ici fin 2018, les actifs bancaires islamiques pourraient atteindre jusqu’à 3 400 milliards de dollars américains. La croissance estimée de l’industrie repose sur l’hypothèse que la taille potentielle de l’industrie augmente régulièrement avec un taux de croissance satisfaisant. Cette hypothèse repose sur un certain nombre de facteurs continuant à croître tels que la population musulmane mondiale, la notoriété du système bancaire et financier islamique, le revenu par habitant et la richesse détenue par les musulmans conformément aux tendances des autres groupes confessionnels.
A ce stade, il faut noter que les acteurs de la finance islamique doivent accorder une attention particulière à l’inclusion financière. Laquelle consiste à garantir l’accès aux produits et services financiers appropriés nécessaires aux groupes vulnérables, tels que les catégories les plus faibles et les groupes à faible revenu, à un coût abordable, de manière juste et transparente, par les principaux acteurs institutionnels. L’inclusion financière est une chose positive qui profite aux individus et à la société. Ainsi, des politiques en faveur de l’inclusion financière doivent être conçues et mises en œuvre. n*