C’est aujourd’hui que le Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) débutera l’arrêt des gardes au niveau des centres hospitalo-universitaires à travers le pays. Par cette action, les résidents défient le ministre de la Santé qui, lui, a décidé de les réquisitionner par voie de loi.

Or, les médecins résidents s’y refusent, avec l’argument que la tutelle ne peut procéder à cette solution par le fait qu’ils sont des étudiants en sciences médicales et non des travailleurs salariés qui peuvent être soumis à réquisition. Le représentant du Camra, Hamza Boutaleb, a fait remarquer que le ministre de la Santé et le Premier ministre ont déclaré, à plusieurs reprises, que «les résidents ne sont que des étudiants». Le Dr Boutaleb a expliqué que les résidents n’ont pas le droit de travailler dans le secteur privé parce que, selon leur statut, ils ne sont que des étudiants en formation.  «Si on est des médecins travailleurs, pourquoi on n’a pas le droit d’exercer dans le privé ?», s’est interrogé le porte-parole du Camra. L’arrêt du service minimum s’inscrit, selon Dr Boutaleb, dans le durcissement de leur mouvement pour dénoncer les mesures «illégales» appliquées à leur encontre, notamment les gels et les ponctions sur salaires depuis plus de trois mois. Ils veulent également dénoncer l’absence d’un dialogue sérieux pour trouver une sortie de crise. «Jusque-là, on a eu droit à des séances de discussions et non de négociations», s’indigne-t-il. Cette situation a poussé les médecins résidents à revenir vers la contestation de la rue. Le 24 avril dernier, des centaines de résidents ont essayé de marcher vers l’APN pour dénoncer la nouvelle loi sur la santé, présentée devant les députés. Ce nouveau texte maintient l’obligation du service civil, ce qui a mis les 15 000 médecins résidents en colère. Les forces de l’ordre les ont empêchés d’atteindre l’Assemblée. Ils ont été tabassés et embarqués dans des autocars vers des destinations inconnues, ont-ils dénoncé. Il est vrai que les résidents sont encore des étudiants en formation post-graduée, et leur grève de six mois a perturbé le bon fonctionnement des différents services au niveau des CHU. Ces résidents accomplissent des tâches importantes. Ils participent à des actes chirurgicaux, aux urgences et aux soins. Avec cette grève, toute la charge de travail retombe sur les maîtres assistants. Ce qui se répercute sur la qualité des soins et la prise en charge des malades. Des patients se déplacent de régions éloignées et se voient renvoyés pour le motif que le personnel médical est en grève ! Pour rappel, les médecins résidents ont assuré le service minimum dès le début de leur débrayage, en novembre 2017, en respectant le code de déontologie.
Ils ont continué à travailler malgré les ponctions sur salaires en février dernier. Dans une première action de durcissement de leur mouvement et pour dénoncer les gels de salaires, ils ont décidé d’arrêter les gardes de jour (de 8 à 16H). Cette fois, ils ont décidé d’arrêter toutes les gardes, et ont menacé d’aller vers d’autres.