Le débordement du réseau d’assainissement, qui perdure depuis quelques mois à Ouargla, suscite l’ire et la grogne des habitants de la ville qui ont décidé d’une action de protestation afin de réclamer des autorités compétentes d’entretenir les réseaux d’assainissement des communes concernées.

En effet, les habitants du quartier populaire Mekhadma, ceux de la cité des 80/Logements appuyé par les habitants d’autres quartiers de la même ville, touchés par le débordement des eaux usées, ont organisé une marche en réponse à l’appel de la société civile pour dénoncer « l’indifférence » des autorités locales et le manque flagrant des conditions d’hygiène qui rythment leur quotidien depuis quelques mois sans que les responsables ne bougent malgré leurs appels de détresse. « La situation est devenue intolérable et accablante. Les eaux usées s’introduisent jusqu’à nos domiciles », témoigne un citoyen ayant participé à la marche. Ce débordement ne menace pas uniquement « la santé » des habitants mais, également la faune et la flore de la wilaya. « Cette situation est inadmissible. On ne peut tolérer davantage l’irresponsabilité des autorités compétentes notamment avec l’approche de la saison estivale et les températures élevées », ajoutent des habitants. Des flaques d’eaux usées fétides stagnent dans la plupart des quartiers de la ville, entravant ainsi la mobilité des citoyens notamment celle des automobilistes.
L’Office national d’assainissement (ONA) se contente d’interventions de bricolage avec des moyens rudimentaires, pelles et ronds à béton, qui n’ont pas résolu le problème. Dans certains quartiers, comme Mekhadma, cité des 80/Logements, Soukra, Boughoufala et Ziyaâna, Souk Lahdjar, Rouissat, Souk Sebt, des rues entières sont envahies par les eaux usées. Certaines familles ont même déménagé pour fuir l’insalubrité. Bien que les travaux de réhabilitation du réseau d’assainissement aient été confiés à l’entreprise nationale Cosider, la situation ne cesse d’empirer. Outre les eaux usées, cette entreprise a ouvert simultanément plusieurs chantiers qui ont bloqué la circulation dans plusieurs rues et ruelles principales de la ville par les engins et les matériaux. Cosider, selon des riverains, n’a pas su comment gérer les problèmes engendrés par les travaux qu’elle mène. A rappeler que le projet de réalisation du système d’épuration au niveau du bassin d’Ouargla, dans sa troisième partie (projet réparti sur 5 parties), a connu un retard flagrant. Les autorités locales ont rappelé à maintes reprises la nécessité de mettre au point ces opérations pour lesquelles une somme d’environ 5 milliards de dinars leur a été réservée, mais en vain.
Il s’agit d’un projet supplémentaire dont les travaux ont été confiés à la société nationale Cosider, qui a été également chargée de la réalisation du réseau d’assainissement de 59 km outre 14 stations de pompage dans le cadre de la tranche complémentaire du projet du siècle mis en exécution en 2005 et qui a consommé jusqu’ici, selon des sources diverses, de 2 000 à 3 000 milliards de dinars. <