Alors que la connexion Internet, fixe et mobile, n’en finit pas de faire des misères aux usagers à travers des perturbations quasi quotidiennes et un débit au ralenti, les responsables du secteur multiplient les promesses d’un règlement de cette situation qui, faut-il le rappeler une énième fois, classe le réseau parmi le plus mauvais dans le monde.
Moins d’une semaine après les explications et les justifications du PDG d’Algérie Télécom à propos de la piteuse qualité d’internet, dont sont obligés de se contenter les Algériens, hier, c’était au tour du ministre du secteur d’annoncer un début de solution au problème dès la fin du mois en cours et le début du mois prochain, c’est-à-dire pour les tout prochains jours.
«Les citoyens vont constater, à partir de la fin de ce mois et le début du mois prochain, une nette amélioration de la qualité du réseau téléphonique et du débit internet», a promis, en effet, Brahim Boumzar lors de son passage à la Chaîne I de la Radio nationale. L’amélioration promise s’opérera grâce à la mise en place par son département de nouvelles stations de diffusion appelées «High Points», a-t-il souligné, précisant que ces stations ont été implantées au-dessus des installations de groupes locaux, en particulier dans les grandes villes souffrant de pression. «Les résultats apparaîtront dans quelques jours», a insisté l’intervenant, ajoutant que les instructions du président de la République pour une solution au problème du débit internet ont permis d’importer des équipements modernes et de les faire passer rapidement par les services de Douanes.
Fin août dernier, une énième coupure Internet avait poussé Abdelamdjd Tebboune à appeler le ministre du secteur à «définir les facteurs nuisibles et soumettre le dossier au Conseil des ministres si le besoin se fait sentir» afin que le problème de connectivité Internet soit résolu, car, avait soutenu le président de la République, «l’Internet est une condition essentielle pour l’aboutissement du processus en cours de numérisation de l’Etat et de la société».
Moins de deux semaines plus tard, Brahim Boumzar annonçait la connexion du réseau à un nouveau câble sous-marin de fibre optique pour le mois d’octobre. Il s’agit de la 4e infrastructure télécoms à haut débit à laquelle allait s’arrimer le pays. «Ce câble viendra renforcer les capacités data déjà détenues par le pays à travers les trois câbles, qui sont opérationnels et exploités, à savoir le Sea-Me-We 4 ; le Medex reliant, depuis Annaba, le réseau Internet algérien de fibre optique au réseau international reliant les Etats-Unis d’Amérique à l’Asie et l’Orval/Alval reliant Alger, Oran et Valence en Espagne», avait expliqué le ministre.
Depuis octobre, aucun renfort ressenti à travers le réseau et la connexion Internet est toujours au même stade, pénalisant fortement les usagers. Les installations annoncées hier par le premier responsable du secteur changeront-elles réellement la donne et mettront-elles, enfin, la prestation internet à la hauteur de l’avancée que connaît cet outil technologique dans les mœurs de communication des Algériens, particuliers, entreprises, administrations, universités et autres ?
Une avancée qui s’est traduite par 42 millions d’abonnés connectés aux réseaux fixe et mobile au 3e trimestre de 2020, selon les chiffres rendus publics la semaine dernière par l’Autorité de régulation de la Poste et des Communications électroniques.
Le réseau mobile, 3G/4G qui comptabilise 38 069 773 abonnés, contre 36 546 458 durant la même période de 2019, en hausse de 4,17%, en une année, alors que l’internet fixe (ADSL, fibre FTTH et 4G LTE/Wimax) a atteint 3 730 931 abonnés entre juillet et septembre derniers, soit une évolution de 6,49%, souligne l’ARPCE, avant de préciser que ce dernier réseau compte 2 454 574 abonnés à l’internet haut débit (ADSL), 59 750 à la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH), 1 216 164 à la 4G LTE fixe et 443 à la technologie Wimax. <