Synthèse Kahina Sidhoum
En plénière de l’Assemblée nationale populaire (APN) où est débattu actuellement le projet de loi de finances de l’année prochaine, le PLF 2023, l’argentier du pays a annoncé prévoir une croissance de 5,6% hors hydrocarbures, supérieur à celui attendu d’ici la fin 2022 : 4,6 %. Brahim Djamel Kassali a expliqué cette prévision par «les performances de l’ensemble des secteurs, à l’exception du secteur des hydrocarbures qui connaitra une stabilité en termes de volume». Selon le ministre des Finances, le secteur de l’Agriculture devrait enregistrer un taux de croissance de 6,9% en 2023, motivée principalement par une hausse de plus de 50% de la production céréalière qui passera de 41 millions de quintaux en 2022 à 67 millions de quintaux en 2023. Les secteurs de l’industrie et du Bâtiments et Travaux publics (BTP) devront atteindre respectivement des taux de 8,5% et 5,6%, bénéficiant d’une hausse des dépenses d’équipement et de plusieurs avantages offerts aux investisseurs à la faveur de la nouvelle loi relative à l’investissement, en plus de l’extension des zones industrielles et la reprise des activités de plusieurs entreprises. Le secteur des services marchands devrait bénéficier de la dynamique que connaissent d’autres secteurs, ajoute le ministre, faisant savoir que les exportations hors hydrocarbures continueront d’augmenter en 2023 de plus de 7% par rapport aux prévisions de clôture pour 2022, contre une diminution prévue des importations «pour renforcer l’approche du Gouvernement visant à les rationaliser». Le ministre a indiqué également que la balance commerciale connaîtra, ainsi, un excédent l’année prochaine de 9,4 milliards de dollars à la faveur de l’augmentation du niveau des exportations à 46,3 milliards de dollars, par rapport au niveau attendu des importations, prévu à 36,9 milliards de dollars. Cela mènera à une augmentation des réserves de change, prévues d’ici la fin de 2023 à 59,7 milliards de dollars, soit une augmentation de 9% par rapport aux réserves attendues d’ici à la fin de 2022. Concernant l’inflation qui a constitué l’un des points évoqués par les députés, le ministre des Finances a souligné que le Gouvernement s’attèle à la juguler à court terme, en ce sens qu’elle devrait ralentir en 2023 pour atteindre 5,1 %, contre 7,7 % dans les prévisions de clôture pour 2022. Cette amélioration de 2,6 points de pourcentage interviendra, selon M. Kassali, grâce «aux politiques adoptées par les pouvoirs publics en vue de garantir la disponibilité des produits de base à des prix en adéquation avec les revenus des citoyens, contrôler les prix et lutter contre la spéculation». n