Alors que le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Hassan Tidjani Haddam, tente d’ouvrir les portes du dialogue aux différents partenaires sociaux, notamment à travers sa dernière annonce relative à l’organisation d’un débat sans exclusion sur l’avenir de la Caisse nationale des retraites (CNR), ces derniers campent sur leurs positions en rejetant toute collaboration avec l’actuel gouvernement. C’est le cas du Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique (Snpsp) qui a estimé qu’il ne s’agit que d’une «tentative d’imposer une reconnaissance de ce gouvernement», a déclaré Lyes Merabet, secrétaire général du Snpsp. «Même si la question de la Caisse nationale des retraites est cruciale pour les travailleurs, l’urgence aujourd’hui ne se trouve pas à ce niveau-là, elle est d’ordre politique. Notre position est très claire vis-à-vis de ce gouvernement illégitime, elle est semblable à celle du peuple qui réclame le départ de tout le système», a-t-il ajouté. Sur ce point, le syndicaliste a regretté que ce débat, tant attendu, intervienne dans ce contexte très particulier. «Lors de l’adoption de la réforme de la loi sur la retraite, nous avons été parmi les premiers à exiger un débat ouvert avec le gouvernement et cela en vue d’apporter des propositions, mais, à l’époque, ce débat nous a été refusé», a-t-il indiqué. Un avis partagé par le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), dont le secrétaire général Boualem Amoura a qualifié cette annonce de «poudre aux yeux». «Pour ma part, ce n’est rien d’autre que du réchauffé. Il faut d’abord arrêter de mentir, car la Caisse nationale des retraites n’est pas déficitaire, c’est le gouvernement qui a longtemps puisé dans ses caisses pour faire du social avec l’argent des travailleurs. Nous sommes, aujourd’hui, dans une position où nous devons à l’Etat 68 milliards de dinars qu’il doit réinjecter dans la CNR. Il n’y a jamais eu de déficit, la crise c’est eux qui l’ont provoquée», a-t-il indiqué. Concernant l’éventuelle organisation d’une réunion avec les partenaires sociaux, M. Amoura a indiqué que le ministre tente de calmer les syndicats en leur proposant un débat auquel ils étaient les premiers à avoir appelé. «Nous avons demandé ce débat en 2016, mais, à l’époque, les autorités ont préféré faire la sourde oreille, ce n’est pas aujourd’hui où ils sont en quête de légitimité que nous allons nous réunir avec eux», a-t-il fait savoir. Le syndicaliste a aussi déploré le recours à ces pratiques pour acheter le silence et la complaisance des partenaires sociaux autonomes. «Ils essayent de calmer les gens en leur distribuant des agréments pour la création de nouveaux syndicats, alors que cela relevait de l’impossible avant le Hirak. Pour notre part, c’est un non catégorique, car nous ne reconnaissons pas l’autorité de ce gouvernement, a-t-il conclu. Notons que le Snpsp et le Satef sont deux syndicats autonomes, membres de la Confédération des syndicats algériens, qui regroupe actuellement treize syndicats représentant différents secteurs de la Fonction publique.