Y aurait-il eu comme une hâte des pouvoirs publics dans le choix des mesures prises pour verrouiller davantage le flux des importations et maîtriser le niveau des dépenses ? Dans un contexte de relative aisance, la question peut servir de cas d’école et de débat dans les amphis des facultés d’économie et de commerce.

Dans celui qu’on vit aujourd’hui, elle paraît secondaire tant les ressources dont disposent l’Algérie restent fragiles même si un représentant de la Banque d’Algérie, hier, a déclaré que le pays n’est pas en situation de crise financière. Ah bon ? Sans doute aura-t-il l’opportunité d’affiner sa pensée ou de préciser ce que l’on devine déjà : pour dire la crise, il y a des mots et certains sont d’usage politique et destinés donc à ne pas affoler la collectivité nationale. Passons.
A propos de réduction des importations, le professeur Mourad Goumiri s’inquiète dans nos colonnes de l’effet négatif induit par la décision du gouvernement d’interdire cette fois l’achat à l’étranger d’agrumes et de fruits.
Pour l’économiste, l’interdiction d’importation, une activité essentielle dans le libre-marché, aura des effets « catastrophiques » sur la relation économique de l’Algérie avec ses partenaires et les accords qu’elle a signés avec eux, l’Union européenne en tête. Il ajoute qu’une pareille mesure pourrait compliquer l’adhésion du pays à l’Organisation mondiale de commerce (OMC). Son argument, qui se défend, est que ces décisions feront paraître le pays aux yeux de ses partenaires comme « non fiable, versatile et instable», d’autant plus que, dans le fond, il considère ces mesures d’interdiction comme « inapplicables ». Dans l’absolu, ce n’est pas faux. Mais que faire en temps de péril ? La question, ici, ne vaut pas réponse à l’analyse du professeur Goumiri ni comme l’annonce que c’est l’Exécutif qui a entièrement raison à verrouiller le commerce extérieur dans le sens d’une plus grosse épargne de la ressource en devise. Elle est posée en guise d’invitation au débat et d’examen des résultats des mesures prises par le passé de réduire l’importation de véhicules neufs et autres produits.