Le deuxième jour des débats autour de la loi de finances 2019 à l’Assemblée populaire nationale (APN) a été caractérisé par une intervention en masse des parlementaires  de la majorité.

Ces derniers ont salué le contenu de la LF 2019 et revendiqué une maîtrise de l’inflation, tout en soutenant particulièrement les mesures sociales contenues en son sein. C’est ainsi que la quasi-totalité des députés du Front de libération nationale (FLN) ont exprimé leur satisfaction de « la non-imposition de nouveaux impôts et de la préservation d’un niveau élevé de dépenses sociales ».
C’est ainsi qu’ils ont mis en évidence «les dispositions visant à préserver les acquis sociaux». «Au FLN, nous saluons l’affectation d’une enveloppe de 100 milliards DA pour le financement des plans communaux de développement », a expliqué un député FLN d’Alger, qui qualifie de « vitale » la levée du gel de certains projets « structurants ».
Certains d’entre eux ont exigé « un meilleur pouvoir d’achat » pour les citoyens. « Les députés du FLN sont à l’écoute de leurs concitoyens, c’est pour cela que nous saluons les mesures visant à préserver les dépenses sociales. De même que nous appelons à protéger davantage le pouvoir d’achat des citoyens ». D’autres parlementaires du parti n’ont pas hésité à exiger du gouvernement « une maîtrise du taux d’inflation ». « Il est urgent de maîtriser davantage le taux d’inflation », a revendiqué un député FLN de Blida, tout en considérant que « c’est une question vitale pour le devenir de l’économie nationale ». Même son de cloche chez le RND qui s’est dit satisfait « des mesures sociales en faveur des citoyens ».
« Les mesures sociales contenues dans la loi de finances est une preuve que le président de la République pense au peuple », a lancé un parlementaire du RND, qui n’a pas manqué de mettre en exergue « la non-imposition de nouveaux impôts et de l’affectation d’une enveloppe importante aux dépenses sociales ». Des députés du groupe parlementaire des indépendants ont également intervenu pour se féliciter des mesures sociales du PLF 2019 et appeler dans le même ordre d’idées le président de la République « à la continuité ».
Altercation verbale entre le RCD et le président de l’APN
Le nouveau président de l’APN Mouad Bouchareb a eu une altercation verbale avec les députés du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD). En effet, les députés du RCD s’en sont pris au président de la Chambre basse et dénoncent des restrictions de liberté des parlementaires.
A l’origine de la brouille, un député de la majorité, qui a copieusement critiqué l’opposition, a suscité une réaction en chaîne des députés RCD. En effet, trois députés, Yacine Aissiouane, Sadat Fetta et Hamid Aït Saïd, sont intervenus pour dénoncer la restriction des libertés et dénoncer par là même la manière avec laquelle le nouveau président de l’APN a pris la place de Saïd Bouhedja. Les voix se sont élevées, le ton est vite monté entre les deux parties, à telle enseigne que Hamid Aït Saïd a considéré que « c’est une honte de siéger dans une telle APN ».
De son côté, le nouveau locataire de Zighoud-Youcef a tenté d’asseoir son autorité sur la séance, en expliquant qu’il est l’unique responsable habilité à distribuer la parole au sein de l’hémicycle. Cet incident, qui a perturbé la séance pendant une heure, a par la suite laissé place aux interventions. Côté député du Parti des travailleurs (PT), il est question d’une déception par rapport à l’absence de mesures au sein de la loi de finances destinée à lutter contre le chômage.
La politique «d’austérité » a tout autant été dénoncée par le parti de Louisa Hanoune, qui a mis en garde contre «ses retombées sur l’unité nationale en raison du recul du niveau de couverture sociale et du gel de plusieurs projets, en sus de la hausse du niveau
de pauvreté». Les parlementaires du PT n’ont pas omis, par ailleurs, d’exiger la sauvegarde du « système de retraite et de sécurité sociale menacé de disparition ».