Avec un record, ces derniers jours, du nombre de contaminations et de décès, la deuxième vague de contagion à la Covid-19, en Algérie, touche de plus en plus de jeunes qui développent des formes de plus en plus graves selon le constat dans de nombreux hôpitaux.

En effet, à l’image du reste des hôpitaux des grandes villes, que ce soit à Oran, Constantine ou la capitale, tant au niveau du CHU Mustapha-Bacha, le plus grand hôpital de la capitale, ou à celui de Blida, ainsi que dans d’autres structures hospitalière, à l’instar de l’EPH de Boufarik, de Bitraria ou de Beni Messous, l’afflux massif des malades Covid se poursuit avec la particularité de malades de plus en plus jeunes, développant des symptômes de plus en plus graves, et qui a inévitablement augmenté le chiffres des décès durant plusieurs jours consécutifs.
Le docteur Bekkat-Berkani, membre du Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie du coronavirus en Algérie, affirme à ce sujet, qu’«il y a 50% d’atteintes graves qui sont l’apanage des personnes de moins de 50 ans». Expliquant qu’«il est clair que la Covid du début de l’épidémie, et qui a touché les franges les plus vulnérables de la société, les malades chroniques, les personnes âgées ainsi que les femmes enceinte, est en train de changer, que cela soit en Algérie ou dans le reste du monde».
Le Dr Bekkat-Berkani souligne que l’augmentation de cas chez les personnes plus jeunes «est due probablement à la charge virale en elle-même et le fait que les personnes qui sont relativement jeunes prennent de plus en plus de liberté par rapport aux respects des gestes barrières».
Rappelons que depuis plusieurs semaines les professionnels de la santé ont alerté sur le relâchement constaté des gestes barrières de prévention contre le coronavirus, surtout concernant le port du masque dans les lieux publics et les rassemblements de personnes sans respect de la distanciation physique. Un constat surtout signalé chez les jeunes adultes qui été conforté par le fait que la maladie était aussi dangereuse que pour les personnes âgées ou qui étaient dans le déni de son existence.
Ainsi malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et les nombreux appels à la vigilance, le non-respect des gestes barrières a inévitablement fait exploser le nombre de contagion et par conséquent a touché de plus en plus de personnes sans épargner ceux qui pensaient être invincibles face à la maladie. Une maladie, actuellement, de plus en plus mortelle à cause des détresses respiratoires qui touchent toutes les tranches d’âge.
A propos de l’augmentation des cas graves, le Dr Bekkat-Berkani souligne qu’ «en valeur absolue, on a largement dépassé les 1 000 cas qui sont déclarés officiellement, car diagnostiqués par PCR. Probablement, il y a des milliers d’autres personnes qui ne sont pas diagnostiquées car elles n’entrent pas dans le circuit officiel». Enchaînant qu’ «il est clair que les détresses respiratoires augmentent avec le nombre de cas».
Le membre du Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie du coronavirus en Algérie tient à mettre en exergue le fait que l’«on assiste à une saturation des circuits de santé en matière de lits d’hospitalisation et, en particulier, les lits d’hospitalisation armés, c’est-à-dire des lits qui disposent d’une source d’oxygénation».
Ainsi, malgré les sorties médiatiques des responsables du secteur de la santé, dont la dernière est celle du ministre de la Santé, qui se veulent rassurants dans la disponibilité des lits d’hospitalisation, le Dr Bekkat-Berkani affirme que «le ministère de la Santé n’a toujours pas répondu à la problématique du manque de lits équipées d’oxygène». Soulignant que «le ministère de la Santé a répondu par des chiffres, mais les chiffres eux-mêmes contredisent la situation de fait des hôpitaux et, en particulier, dans les grandes villes, que ce soit à Alger, Oran ou Constantine».
Il relance ainsi son appel pour améliorer la situation en estimant qu’ «il y a des choses à améliorer en matière de prise en charge des malades en milieu hospitalier, parce que les cas graves demandent une réanimation médicale qui se résume essentiellement par un apport d’oxygène. Il suffit de faire la tournée des hôpitaux pour voir la réalité des malades, assis sur des chaises, qui attendent leur tour d’avoir un peu d’oxygène». n