Le  Brexit ne  rebat pas seulement  les cartes de la coopération et du partenariat économiques entre le Royaume-Uni, l’Union européenne et les grandes puissances telles que les Etats-Unis. Il ouvre une nouvelle phase dans la relation entre Londres et les autres pays dont ceux de l’Afrique pour lesquels il semble qu’il existe un intérêt qui pourrait être d’une répercussion positive pour l’Algérie.
Sur le papier, le Brexit devrait rapprocher un peu plus Alger et Londres. Il constituerait une aubaine pour de nouvelles opportunités de relancer un  partenariat et des échanges commerciaux qui ne dépassent pas les 7 milliards de dollars, avec une prédominance des hydrocarbures dans le panier des produits exportés par l’Algérie. Cette occasion pourrait intervenir rapidement dès lors que l’orientation, au Royaume-Uni, est de  stimuler les échanges commerciaux avec l’Afrique, Londres aspirant à devenir le plus grand investisseur du G7 en Afrique dans les dix à vingt prochaines années.
Le 20 janvier dernier, la capitale britannique a, en effet, organisé un sommet économique UK- AFRICA en présence du Premier ministre britannique Boris Johnson, et des dirigeants et représentants de 21 pays africains. Selon des analystes, le  Royaume-Uni est à la recherche de relations commerciales nouvelles, misant notamment sur les pays africains et ceux du Commonwealth (Inde, Canada, Australie), alors que le Brexit met fin à 47 ans d’échanges « privilégiés » avec l’Union européenne. L’UE représentait en 2018, 43% de ses exportations et 53% de ses importations, selon des sources locales britanniques.
Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a plaidé pour que le Royaume-Uni devienne l’ « investisseur de choix » des pays africains, promettant 7 milliards de livres sterling d’investissement immédiat. Il a, en outre, assuré aux dirigeants africains que le Royaume-Uni serait « plus ouvert aux migrants du continent africain après le Brexit », soulignant que la sortie du Royaume-Uni de l’UE à la fin du mois de janvier marquerait la fin du traitement de faveur des migrants européens.
Annonce d’une enveloppe de 4 milliards de livres
En tournée en 2018 sur le continent, l’ex-Première ministre britannique Theresa May avait, pour sa part, dit son ambition de faire de son pays « le plus grand investisseur du G7 en Afrique d’ici à 2022 ». Un nouveau partenariat qui passe par des investissements, et annoncé une enveloppe de 4 milliards de livres (4,1 milliards d’euros) pour des investissements dans l’économie africaine.  
Après le Brexit, la Grande-Bretagne pourra établir des accords plus directs (bilatéraux) avec des pays africains, notamment l’Ethiopie, et ses anciennes colonies, Ghana, Kenya, Afrique du Sud, Sierra Leone, Nigeria, son premier partenaire économique en Afrique de l’Ouest, où les entreprises britanniques sont présentes depuis des décennies dans les secteurs clés des matières premières ou des télécoms. Au-delà de l’horizon 2020, les accords commerciaux entre de nombreux pays africains et le Royaume-Uni devraient rester les mêmes dans le cadre d’un certain nombre « d’accords de continuité ». Ceux-ci stipulent essentiellement que les conditions commerciales (tarifs, quotas, normes, etc.) devraient rester inchangées entre un certain nombre de pays et de blocs commerciaux africains et l’UE. Par exemple, en septembre dernier, le Royaume-Uni a lancé un accord de partenariat économique avec l’Union douanière d’Afrique australe (Sacu) – qui est composée de l’Afrique du Sud, du Botswana, de la Namibie, du Lesotho et du  Mozambique.
Il est conçu pour maintenir les choses telles qu’elles sont dans le cadre des relations commerciales actuelles que les pays d’Afrique australe entretiennent avec l’UE.  Le Royaume-Uni a mis en place une quarantaine d’accords de « continuité » de ce type, couvrant près de 70 pays.