Dans ce monde, tout peut aller très vite. Il y a trois ans et demi, la Russie abritait le plus grand évènement sportif qu’est la Coupe du Monde. Désormais, le pays et ses sportifs sont les cibles de boycott. Et ce en raison de la guerre en Ukraine qui a éclaté il y a 4 jours de cela. On a longtemps cru que politique et sport étaient dissociables. Mais il s’avère que cela dépend du bon vouloir de ceux qui rédigent des chartes pour ensuite les transgresser sous couvert de « sympathie » sélective.

Par Mohamed Touileb
En premier signal de contestation, la finale de la Ligue des Champions 2022, initialement prévue à Saint-Pétersbourg en Russie, a été délocalisée au stade de France à Paris. Si ce rendez-vous est lointain, puisque le dernier match de C1 se jouera le 28 mai prochain, il y a les barrages de la Coupe du Monde 2022 de la zone Europe programmés pour le mois prochain.
La Pologne, l’OTAN et l’instrumentalisation
C’est pour dire que ça rentre dans les colonnes d’agenda sur le court terme avec l’incertitude que la situation sécuritaire entre Ukrainiens et Russes s’améliorent d’ici là. Par conséquent, les Polonais, qui devraient affronter la « Sbornaya » le 24 mars prochain à la VTB Arena de Moscou, ont annoncé qu’ils ne comptent pas disputer cette rencontre.
« Trêve de paroles, il est temps d’agir. En raison de l’escalade de l’agression de la Fédération de Russie en Ukraine, l’équipe de la Pologne n’envisage pas de jouer le match de barrage contre la Russie », a écrit Cezary Kulesza, président de la Fédération polonaise de football (PZPN) non sans estimer que « c’est la seule décision correcte » et qu’il travaille avec les Fédérations suédoise et tchèque pour présenter une position commune à la FIFA.
Les sélections de ces deux dernières sont aussi versées dans la « voie B » et pourraient croiser le chemin de la Russie dans le cas de sa qualification pour l’explication finale. En tout cas, la position du patron de la PZPN a été confortée par Robert Lewandwoski. L’attaquant du Bayern Munich a tweeté : « Je ne peux pas imaginer jouer un match contre l’équipe nationale russe dans le contexte d’une agression armée en Ukraine. Les joueurs et supporters russes ne sont pas responsables de tout ça, mais on ne peut pas faire comme si de rien n’était.»

Valable pour les Russes mais pas les Sionistes
Si l’on pouvait retenir une expression, c’est celle d’« agression armée » qui serait la motivation pour envisager ce boycott. Cependant, cela n’est pas valable quand il s’agit de condamner les actes qu’ont commis les Sionistes depuis des décennies en Palestine occupée. On parle d’une armée qui a gangréné le territoire moyennant les forces militaires et prenant des millions de vies d’innocents. Ainsi, le judoka algérien Fethi Nourine avait refusé d’affronter un adversaire israélien lors des Jeux Olympiques 2020 de Tokyo l’été dernier. Suite à sa démarche, il a écopé d’une suspension de 10 ans de toute compétition précipitant sa fin de carrière. Maintenant, est-ce que l’équipe nationale de Russie fait partie du gouvernement ? La réponse est évidemment non puisque l’instance footballistique est membre de la FIFA qui, elle-même, interdit toute immixtion des autorités dans la gestion de la structure. Dans ce cas, en quoi l’équipe nationale serait-elle liée aux décisions sécuritaires prises par Vladimir Poutine et ses autorités ? Tout ce cirque ressemble à une solidarité de façade qui désavoue la formule qui veut que le sport soit apolitique.
L’instrumentalisation est on ne peut plus manifeste. Et puis, concrètement, est-ce que Poutine se soucierait du volet sportif sachant que le vrai trophée qu’il vise est celui de la souveraineté de la Russie et la garantie de sa sécurité alors que l’OTAN a essayé de déployer des bases militaires pour encercler.
Le match est tout autre pour lui.