L’annonce portant élargissement des secteurs d’activités et ouverture de certains commerces, décidée samedi par le Premier ministre Abdelaziz Djerad, «à l’effet de réduire l’impact économique et social de la crise sanitaire», marque une énième mesure prise par les autorités dans la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus.

Du point de vu chronologique, si l’alerte au Covid-19 a été donnée en Algérie à partir du 25 février, soit il y a 2 mois, quand le ministre de la Santé a annoncé le premier cas -le ressortissant italien exerçant dans le sud du pays- sur notre sol; les mesures de lutte ont été enclenchées en date du 10 mars.
La première mesure était l’instruction du Président de la République interdisant les rassemblements sportifs, culturels, politiques, salons et foires, suivie de la fermeture de toutes les écoles, les universités, les centres de formation professionnelle, ainsi que tous les établissements d’enseignement, à compter du 12 mars jusqu’à la fin des vacances de printemps le 5 avril.
Le 17 mars 2020, c’est le ministère des Affaires religieuses qui ordonne la fermeture de toutes les mosquées et les lieux de culte sur le territoire algérien et la suspension de toutes les prières en groupe jusqu’à nouvel ordre.
Et à mesure que sont déplorés de nouveaux cas, les autorités ont été amenées à renforcer la batterie de mesures de lutte. Ce qui se confirmera à partir du 19 mars à travers la suspension de tous les moyens de transport en commun publics et privés à l’intérieur des villes et inter-wilayas ainsi que le trafic ferroviaire. Dans le sillage a été annoncé la démobilisation de 50 % des employés avec maintien du salaire, la démobilisation des femmes travailleuses ayant des enfants en bas âges et la fermeture temporaire des cafés et restaurants dans les grandes villes.
Les restrictions toucheront ensuite le trafic aérien puisque Air Algérie suspend temporairement ses vols à destination de Milan, en Italie, à partir du 10 mars alors que l’Algérie et le Maroc ont convenu de suspendre temporairement les vols.
S’en est suivi, le 13 mars, la décision d’Air Algérie de suspendre temporairement tous ses vols de et vers la France au départ des villes de Sétif, Batna, Tlemcen, El Oued, Biskra, Chlef, Béjaïa et Annaba et de les réduire au départ d’Alger, Oran et Constantine à partir du 14 mars et jusqu’au 4 avril 2020, et de suspendre tous ses vols de et vers l’Espagne à compter du 16 mars jusqu’au 4 avril.
Deux jours plus tard, le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, après concertation avec son homologue français Edouard Philippe, a ordonné la suspension temporaire à partir du 17 mars de toutes les liaisons aériennes et maritimes entre l’Algérie et la France. Une mesure qui est toujours de mise.
L’Algérie a suspendu alors les dessertes aériennes de voyageurs à destination ou en provenance de la Tunisie, d’Egypte, des Etats arabes unis, du Qatar et de la Jordanie, applicable à partir du 17 mars. Parallèlement à cette fermeture du trafic aérien, il a été procédé au rapatriement, suivi de confinement et d’isolement, des Algériens établis à l’étranger.
Par ailleurs, un Comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du Covid-19 a été mis en place, où figurent des représentants de plusieurs secteurs. Son porte-parole, le professeur Djamel Fourar, annonce, depuis, le bilan quotidien des cas enregistrés.
Réaménagement du confinement
Il a été décidé par la suite de décréter un confinement total pour la wilaya de Blida pendant une durée de dix jours, renouvelable, avec l’interdiction de circulation de et vers cette wilaya.
Aussi, un confinement partiel a été décidé pour la wilaya d’Alger de 19 heures à 7 heures du matin avec interdiction de tout rassemblement de plus de deux personnes, la fermeture des salles de fêtes, de célébrations de festivités familiales, des cafés, restaurants et magasins, à l’exception de ceux d’alimentation sur l’ensemble du territoire algérien.
Le Premier ministre annoncera par la suite l’extension de la mesure de confinement partiel de 19 heures à 7 heures du matin à neuf autres wilayas à compter du 28 mars 2020, Constantine, Oran, Sétif, Tipasa, Tizi Ouzou, Batna, El Oued, Médéa et Boumerdès. Cette mesure a été étendue le 1er avril à quatre autres wilayas, Béjaïa, Aïn Defla, Mostaganem et Bordj Bou-Arréridj.
Le 4 avril, le confinement partiel de 19 heures à 7 heures est étendu à toutes les wilayas, à l’exception de Blida, qui reste soumise à un confinement total. Dans les wilayas d’Alger, Oran, Béjaïa, Sétif, Tizi Ouzou, Tipasa, Tlemcen, Aïn Defla et Médéa, les horaires du confinement partiel ont été élargis de 15 heures à 7 heures du matin.
En vigueur jusqu’au 18 avril, le dispositif de confinement ainsi que l’ensemble des mesures de lutte contre la pandémie du coronavirus ont été reconduits pour une période supplémentaire de 10 jours, soit jusqu’au 29 avril.
Les horaires du confinement seront cependant aménagés à la faveur du mois de Ramadhan. Le confinement partiel qui touche 9 wilayas est désormais valable à partir de 17H, après avoir été à 15H, alors que la mesure de confinement total dans la wilaya de Blida est levée pour être soumise au régime de confinement partiel de 14H à 7H du matin.
Et depuis samedi, c’est un élargissement des secteurs d’activités qui a été décidé dans ce qui peut ressembler, à bien des égards, à un dé-confinement ciblé imposé visiblement par des impératifs socio-économiques.