Qui se tait consent, dit l’adage, mais celui qui sait parler sait aussi quand il faut parler. Après que de nombreux «amis» de Reportes ont cru avec jubilation qu’il n’allait pas réagir à l’entretien du PDG de l’Anep, jeudi 6 août, le temps est venu de leur rappeler que, s’étant abstenu de toute réaction à chaud aux déclarations qui le concernent, Reporters a eu le temps de mesurer l’énorme méprise, voire l’injustice dont il a été la cible depuis.
Cette hostilité n’est pas nouvelle, nourrie par un excès de fausseté dans le jugement comme dans l’information surtout sur sa prétendue proximité lucrative avec des cercles de l’ancien régime de M. Bouteflika. Elle présente aujourd’hui l’avantage, pour notre publication, de répondre à ceux qui, d’ennui ou de vocation de justicier de pacotille, aiment en vivre, et d’apporter les mises au point nécessaires à la source de l’entretien du 6 août 2020.
Cette réponse se doit être à plusieurs niveaux : d’abord sur les montants annoncés par le PDG de l’ANEP, sur ses déclarations pour le moins diffamatoires et attentatoires à l’honneur de la publication, sur l’occultation de ce qu’est une entreprise de presse et sur les commentaires éditoriaux «amis» qui ont suivi pour présenter la publication comme une dévoreuse de rente.

Sur les montants d’abord ! Il faut que l’opinion sache que les chiffres communiqués par le PDG de l’ANEP sur la période allant de 2016 à 2019 sont très loin de ceux que détient Reporters. Documents à l’appui, ils ne correspondent pas à la réalité des entrées publicitaires du journal durant cette période et pour ceux qu’intéressent la comptabilité de la publication, la différence est de taille.
Ceux qui considèrent que le montant reste important ou «donne le tournis», comme l’ont écrit certains éditorialistes «amis», mais mauvais journalistes car sans vérifier de quoi il s’agit, doivent avoir à l’esprit qu’une entreprise de presse coûte et dépense beaucoup d’argent.
Au niveau matériel, Reporters a eu recours depuis sa création, en 2012, et donc durant la période citée par le PDG de l’Anep à la location de locaux pour abriter sa rédaction aux tarifs pratiqués à Alger pour les grandes surfaces, et ce, jusqu’à son arrivée à la Maison de la presse Tahar Djaout en mai 2018.
A son installation à la Maison de la presse, le journal a eu également à consentir d’importants investissements pour la mise à niveau des locaux délabrés qui lui ont été attribués pour les rendre aptes à accueillir un collectif rédactionnel dans les conditions requises. La comparaison avec certains «grands journaux» et qui occupent la maison de la presse depuis des décennies serait intéressante à ce sujet !
Sur toute la période citée, alors que ses revenus publicitaires n’ont jamais dépassé au meilleur moment ceux des deux pages et demie avant qu’ils ne rétrécissent comme peau de chagrin depuis janvier 2019, Reporters a eu également à honorer en temps réel l’intégralité des charges liées aux frais d’impression, au paiement des cotisations d’assurance sociale (CNAS) et autres dépenses importantes auxquelles toute vie d’entreprise est soumise.
Au plan éditorial, Reporters, ayant toujours eu l’ambition d’une offre éditoriale du même niveau que lesdits «grands journaux», voire davantage à certaines occasions de l’actualité, s’est entourée d’une équipe de collaborateurs rémunérés à l’échelle de cette ambition et avec l’objectif de l’étoffer davantage en perspective d’une distribution et d’un déploiement conséquents.
Entre ces collaborateurs, les journalistes et les salariés permanents de l’administration, de la PAO et autres, le staff rédactionnel de Reporters a fonctionné bon an, mal an, avec plus d’une soixantaine de personnes, un effectif au prétexte duquel on peut tout dire sur le journal, sauf de l’incriminer d’être un foyer de rente et de rapine.

On en arrive aux commentaires !
Ceux tenus par le PDG relèvent tout simplement du discours attentatoire à un journal qui est loin de la logique de rente comme il le suggère dans ses propos par lesquels il confond par ailleurs son statut de chef d’entreprise et de juge prêt à dresser le bûcher parce que c’est dans l’air du temps…
Ceux tenus par certains «confrères» sont inadmissibles et respirent du même désir de crémation à vif. On voudrait les faire passer pour de la facilité d’écriture ou pour cet empressement d’emballer un «papier» que dicte le travail de journaliste dans une publication de presse quotidienne, mais ce n’est pourtant pas le cas. Surtout quand on se rappelle que, pour des raisons pas si obscures, Reporters a toujours irrité ou dérangé certains «commissaires» autoproclamés de notre sacré champ médiatique, bigleux parce qu’ils refusent eux-mêmes de se regarder, orateurs de propos ronflants, parfois risibles, mais ô combien dangereux parce que se prenant pour des redresseurs de torts prêts à livrer aux flammes des sorcières imaginaires.
Reporters n’a pas l’argent comme religion et n’a jamais été «collaborationniste», mot insensé utilisé par certains donneurs de leçons qui ne le lisent pas et qui ont fait de la compromission un trait de carrière, voire de personnalité. Le journal n’a jamais été dans la compromission et si certains voudraient s’amuser à éplucher son contenu depuis sa création ils sont les bienvenus. Pour rester dans ce registre, Reporters, qu’on accuse d’avoir été dans l’accommodement, n’a jamais été, malgré son jeune âge et son arrivée au champ dans un contexte de tous les excès et de toutes les folies, dans la truanderie politique dont on l’accuse par rapport à l’ère bouteflikienne. S’il existe en son sein des sensibilités et des intérêts comme dans toute rédaction, l’arbitrage auquel il a toujours fait appel a permis de faire passer dans la difficulté extrême le souci de l’information et de la recherche de la neutralité objective, et ce, parfois, au prix de bagarres fratricides.
Pour rester sur ce chapitre, il est utile de rappeler, par ce qui n’est plus de l’anecdote, que Reporters a été peut-être le seul quotidien d’information à avoir titré «ça ne marche pas fort» pour le projet de campagne de l’ancien président au lendemain de la marche inaugurale du Hirak, un certain 23 février 2009. Drôle de «collaborationnisme», dans ce cas. Mais qui n’a pas de mémoire, n’a pas d’esprit. N’est-ce pas messieurs les éditorialistes à la plume légère, trop légère pour être prise au sérieux.



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