Par NAZIM BRAHIMI
Les perspectives sont prometteuses pour l’Algérie dans les secteurs pétrolier et gazier. La projection repose sur des facteurs importants, à savoir les gisements découverts récemment, au nombre de trois, ainsi que sur l’augmentation de la demande mondiale notamment en gaz conséquemment à la crise en Ukraine.
Sur les trois découvertes pétrolières, le patron de Sonatrach fait état d’un important gisement situé à Touggourt et estimé à 1 milliard de barils, d’où, entre autres, sa conclusion de bons augures pour l’année 2022.
Les bonnes perspectives pour le groupe Sonatrach ne sont pas uniquement celles en lien avec les nouveaux gisements, dans la mesure où son premier manager maintient le cap d’un investissement de 40 milliards de dollars entre 2022 et 2026, dans l’exploration, la prospection et la production. De quoi conclure à un plan quinquennal prometteur ! Mieux, le patron de la compagnie nationale ne table pas moins sur une nette amélioration de l’Algérie à accroître le volume du gaz qu’elle fournit à l’Europe.
«… Avec la cadence de nos explorations, nos capacités vont doubler d’ici quatre ans, ce qui laisse entrevoir des perspectives prometteuses avec nos clients européens», a indiqué le patron de la firme nationale dans le sillage de toutes les interrogations induites par la crise en Ukraine quant à l’approvisionnement du Vieux continent en gaz, lui, qui dépend fortement de la Russie.
Dit autrement, si l’Algérie ne peut pas prétendre se substituer à la Russie en matière d’approvisionnement de l’Europe en gaz, le défi reste, cependant, dans ses cordes à moyen terme. Reste, par ailleurs, à savoir comment vont évoluer les relations algéro-espagnoles dans le secteur pétrolier sur fond de brouille diplomatique qui marque les rapports entre les deux pays ces dernières semaines.
Cette détérioration de la relation avec Madrid est née suite à la décision du gouvernement espagnol d’apporter, pour la première fois, publiquement son soutien au projet d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, alors que Madrid avait toujours adopté une position neutre entre Rabat et le Front Polisario. «Depuis le début de la crise en Ukraine, les prix du gaz et du pétrole explosent. L’Algérie a décidé de maintenir, pour l’ensemble de ses clients, des prix contractuels relativement corrects. Cependant, il n’est pas exclu de procéder à un «recalcul» des prix avec notre client espagnol», selon Toufik Hakkar.
A moins que l’Espagne, très dépendante de l’Algérie pour ses approvisionnements en gaz, ne rectifie le tir prochainement pour renouer des liens de confiance avec l’Algérie. A suivre.