Près de 70 personnalités et intellectuels ont signé, hier, un appel pour la libération de tous les détenus d’opinion et politiques. Le groupe des signataires est composé d’anciens députés, d’avocats, d’universitaires et de moudjahidine. Parmi ces derniers, le premier secrétaire du FFS Hakim Belahcel, le coordinateur de l’instance présidentielle du même parti Ali Laskri, le député démissionnaire Khaled Tazaghart, le sociologue Zoubir Arrous, le juriste Noredine Benissad et la sénatrice Zohra Drif-Bitat.

Par Meriem Kaci
Cet appel est le énième du genre lancé par des militants des droits de l’Homme, du mouvement associatif ou politique, ou de citoyens lambda. Il diffère toutefois des autres parce que c’est un « appel d’urgence », souligne M. Taâzibt, insistant sur le fait qu’« aucun détenu ne doit rester encore en prison ». Pour le cas de Louisa Hanoune, l’ex-député du Parti des Travailleurs explique que son dossier est « « vide ». Selon lui, « rien ne justifie son incarcération et sa condamnation à une lourde peine ». Et d’ajouter que l’emprisonnement puis la condamnation à 15 ans de prison ferme de la secrétaire générale du parti « est une criminalisation de l’acte politique et une atteinte flagrante au multipartisme et au libre exercice de la politique ». Le procès en appel de Mme Hanoun serait programmé, estime M. Taâzibt, pour la fin du mois en cours ou début février, estime notre interlocuteur. Pour rappel, la secrétaire générale du PT a été arrêtée le 9 mai 2019. Le tribunal militaire a retenu, le 25 septembre dernier, une peine de 15 années de prison ferme contre elle, ainsi qu’à l’encontre de Saïd Bouteflika, conseiller de l’ancien Président, et des généraux Mohamed Mediene, Athamn Tartag pour « atteinte à l’autorité militaire » et « complot contre l’autorité de l’Etat ».
Dimanche dernier, le Comité national pour la libération de Louisa Hanoune (CNLLH) a tenu une réunion, présidée par Zohra Drif-Bitat, durant laquelle il a réclamé sa libération, celle de Karim Tabbou (coordinateur de l’UDS), d’Abdelwaheb Fersaoui (président du RAJ), de Kaddour Chouicha (vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme), de Fodil Boumala, de Samir Benlarbi et de tous les détenus d’opinion et politiques. « Pas un seul jour de prison supplémentaire pour Louisa Hanoune, Karim Tabou, coordinateur du parti UDS, Abdel Wahab Versaoui, président de la RAJ, Kaddour Chouicha, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme, Fodil Boumala, Samir Belarbi et tous les prisonniers et prisonniers d’opinion et de politique ! » Le comité exige en outre l’acquittement de tous les détenus d’opinion et l’abandon de toutes les poursuites à leur encontre », indique le communiqué, qui n’omet pas de rappeler que l’incarcération de la secrétaire générale du PT a été ordonnée sur décision politique. Les mêmes décisions politiques ont fait libérer les 76 détenus le 2 janvier 2020 ».
Dans un post sur Facebook, l’avocat et militant des droits de l’Homme Mokrane Aït Larbi a, lui aussi, appelé à la « libération immédiate » de tous les prisonniers d’opinion. « J’appelle à la libération immédiate des détenus d’opinion, y compris Karim Tabbou, Fodil Boumala, Samir Benlarbi. C’est ce que le peuple demande, c’est ce qui devrait arriver le plus tôt possible », écrit Me Aït Larbi. « Nous sommes habitués à la libération immédiate des détenus d’opinion dès l’élection d’un Président », ajoute l’avocat. Parmi ces détenus, le président du RAJ, Abdelouaheb Fersaoui, verra sa demande de liberté provisoire examinée le 15 janvier, fait savoir l’un de ses avocats Zakaria Belahreche. M. Fersaoui a été placé sous mandat de dépôt le 14 octobre dernier après avoir été inculpé d’« atteinte à l’intégrité du territoire national » et « incitation à la violence», prévus dans les articles 74 et 79 du code pénal.
Jeudi dernier, 10 militants du RAJ ont été remis en liberté provisoire à l’exception du président de ce mouvement associatif.<