Le président de la République a adressé, hier, un message à l’occasion de la Fête des travailleurs où il a appelé à «plus de mobilisation pour parfaire la performance et remporter la bataille du développement dans un contexte d’impitoyable concurrence mondiale».

Rappelant qu’au lendemain de l’indépendance ce sont les travailleurs qui ont été «le pilier et le moteur de l’édification de l’Etat national», M. Abdelaziz Bouteflika invitera à se souvenir «de l’ampleur des défis qui se posaient à notre peuple les deux premières décennies de l’indépendance.
Lorsque nous avions commencé à poser les fondements de notre administration nationale, lorsque nous nous préparions à sortir du néant la première fournée de nos usines, mieux encore lorsque nous avions procédé avec audace et conviction à la nationalisation de nos hydrocarbures». Dans un message lu à l’occasion par le ministre de l’Intérieur, M. Noureddine Bedoui, le président notera que l’Algérie a réussi à relever ces défis «grâce à la clairvoyance de sa direction de l’époque, entièrement composée de nos moudjahidine, les artisans de la Révolution». Rappelant les réalisations de l’Algérie ces deux dernières décennies, dans tous les domaines du développement et de réformes, le président dira qu’«au plan politique, la consolidation de notre système démocratique pluraliste et la promotion des droits et libertés ont été couronnées par l’amendement constitutionnel de 2016». Dans le domaine social, l’Algérie a rattrapé les retards cumulés du fait des crises multiformes qui ont touché le pays, ajoutera le président. «Nous avons réalisé des millions de logements et avons considérablement réduit le chômage, qui est loin aujourd’hui de son taux alarmant du début de ce siècle», soulignera la Président pour qui «l’Algérie a progressé également dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement ainsi qu’en matière de prestations sociales, d’amélioration du niveau de vie de la population et de renforcement de sa classe moyenne».

«Dépendance excessive aux hydrocarbures»
Sur le plan économique, il dira que l’Algérie «a enregistré, au cours des deux dernières décennies, un saut qualitatif dans l’amélioration de nos capacités agricoles, la création de centaines de milliers de petites et moyennes entreprises et la consolidation de nos infrastructures de base». Rappelant le caractère social de l’Etat qui «veille à apporter un grand soutien aux prix d’un nombre important de besoins de première nécessité et aux prestations sociales», il révèlera que ce soutien représente, sous ses différentes formes «plus de 30 milliards de dollars annuellement». Le président Abdelaziz Bouteflika rappellera également que le processus d’édification nationale «enclenché après le rétablissement de la paix et de la sécurité est confronté, depuis quelques années, aux effets des fluctuations de l’économie mondiale et de la chute des prix du pétrole». Avec des  répercussions sur les capacités financières de l’Etat, qui se sont réduites, ce «qui nous interpelle quant à notre dépendance excessive, à ce jour, aux hydrocarbures», soulignera le chef de l’Etat. «En dépit de ces difficultés, l’Etat poursuit la dépense dans les domaines social et culturel, la réalisation des infrastructures de base et des logements et l’encouragement de l’investissement par des avantages importants aux dépens des revenus du Trésor public», assure le Président, qui rappellera à cet effet que l’Algérie dispose d’un cadre tripartite de dialogue et de complémentarité des efforts entre l’Etat, les travailleurs et le patronat. Lequel cadre «s’est cristallisé à travers la charte de partenariat économique et sociale. Une charte dont les avantages ont été salués par les instances internationales du monde de travail, appelant à en faire un modèle pour les autres pays», dira le président exhortant les signataires du Pacte économique et social à un sursaut «pour œuvrer ensemble au service de l’Algérie et de la prospérité de son peuple». Il les appellera à faire prévaloir un dialogue «sérieux et constructif» afin de surmonter tous les conflits, «dans le cadre de la loi », en tenant compte de la conjoncture financière difficile que traverse le pays.