Le pétrole entamait, hier, une nouvelle semaine en conservant la dynamique qui avait caractérisé le marché la semaine dernière et qui a vu l’or noir remonter à hauteur de 40 dollars le baril. Quelques jours plus tôt, durant la dernière semaine d’octobre, les deux références européenne et américaine avaient vécu leurs pires séances depuis avril dernier, affichant un recul de plus de 10%.
Hier, les marchés londoniens et newyorkais évoluaient dans une tendance encore plus haussière, affichant de très forts taux de hausse. Vers 15H, le Brent de la mer du Nord pour livraison en janvier atteignait 43,09 dollars sur l’Inter Continental Exchange, soit un gain de 3,64 dollars et une augmentation de 9,23% par rapport à la clôture de vendredi. Le WTI pour livraison en décembre gagnait davantage sur le New York Mercantile Exchange, soit 10,31%, pour s’échanger à 40,97 dollars. Les analystes du marché attribuent cette forte accélération des cours pétroliers à l’annonce faite par Pfizer et BioNTech d’un vaccin contre la Covid-19 «efficace à 90%», selon la première analyse intermédiaire de leur essai de phase 3. Une nouvelle qui suscite automatiquement l’espoir de voir la demande repartir, alors qu’elle se trouve ces dernières semaines menacée par la recrudescence des cas de contamination par la pandémie à travers le monde qui a poussé de nombreux gouvernements à opter pour des confinements encore plus stricts que ceux opérés durant la première vague de la maladie.
Mais c’est sans doute aussi la sortie du ministre saoudien de l’Energie sur un éventuel ajustement de l’accord de réduction de l’Opep+ qui a le plus contribué à la forte montée des prix. Intervenant en conférence virtuelle organisée hier par les Emirats arabes unis avant l’annonce des deux laboratoires, le prince Abdel Aziz ben Salmane a indiqué que les membres de l’alliance étaient d’accord «sur le principe d’ajuster» les accords, soulignant que la stratégie mise en place permettait de stabiliser les marchés malgré la «nouvelle propagation» du coronavirus en Europe. «Avec le consensus de tous, nous pourrions naviguer avec cet accord et l’ajuster en fonction de ce que l’avenir nous réserve», a-t-il ajouté.
Avant l’annonce qui a fait ressusciter l’espoir, le marché restait sous la menace d’un fort recul de la demande qui serait doublé d’un fort excédent de l’offre après la reprise de la production libyenne qui, de surcroît, vient de franchir la barre du million de barils produits par jour, a annoncé samedi la Compagnie libyenne nationale de pétrole (NOC). Et la remontée effectuée la semaine dernière n’est due, en fait, qu’aux concertations entre les pays producteurs en prévision de la réunion de l’Opep+, le 1er décembre, sur fond d’hypothèses qui battent leur plein quant à l’abandon de l’augmentation (1,9 million de barils par jour) que l’alliance a prévu d’effectuer à partir de janvier prochain.
Hier, les risques d’une baisse de la demande mondiale d’or noir étaient toujours mis en avant par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Evoquant les nouvelles mesures de confinement prises en Europe afin d’endiguer la propagation du coronavirus, le directeur de l’AIE pour les marchés de l’énergie et la sécurité, Keisuke Sadamori. «Une grande partie du continent européen est sous confinement. Cela va certainement contribuer à avoir des effets négatifs», a-t-il déclaré dans une interview accordée à Reuters. «Nous nous attendons à ce que cette fois-ci, l’impact soit moins important que lors du dernier confinement (…) Cette fois, les écoles restent ouvertes et certains magasins sont encore ouverts», a-t-il néanmoins fait remarquer.