Par Rédaction Culturelle
Dans un contexte mondial marqué par la psychose de l’épidémie du coronavirus, dont la Chine est le foyer de contagion, le Centre Pompidou en France a maintenu l’inauguration prévue aujourd’hui, mercredi 4 mars, selon le site de RFI (Radio France Internationale) de l’exposition «Chine – Afrique», présentée par une dizaine d’artistes venus d’Afrique, de Chine, mais aussi de France, de Taïwan et de Thaïlande et qui proposent des œuvres très conceptuelles pour déconstruire les imaginaires autour de la notion Chine – Afrique.
Sur le site du centre parisien d’exposition d’art contemporain, il est souligné dans la présentation que le XXe siècle voit la mise en marche progressive d’un lien – parfois même d’une communauté d’intérêt politique, idéologique et économique – entre la Chine et l’Afrique. Une rencontre afro-asiatique entre deux «Sud» qui libère des systèmes de représentation affranchis du cadre colonial, comme de l’Occident, et qui affirme un nécessaire et commun décentrement. Le parcours d’exposition interroge certaines transformations économiques et sociales nées de cette relation, tout comme le surcroît d’imaginaire critique qui s’en libère.
Pour sa part, la co-commissaire de l’exposition Alicia Knock, «Chine – Afrique» s’inscrit dans une histoire qui est aussi celle du Centre Pompidou, où il y a eu des expositions qui essayaient de redéfinir et d’ouvrir la notion de modernité à des territoires extra-occidentaux. Il s’agit ainsi d’affirmer un axe de travail qui réfléchit à l’articulation de récits extra-occidentaux. Elle confie à RFI qu’au départ, ce qui nous a vraiment motivés pour lancer ce projet, c’était d’interroger un lien qui a l’air de nous mettre de côté – nous, le monde occidental. Chine – Afrique, c’est l’histoire d’une amitié d’abord idéologique, politique, qui s’inscrit dans l’histoire marxiste, puisque le monde asiatique et le monde africain se sont mis main dans la main pour essayer de sortir de l’ingérence et de la colonisation occidentale. C’est l’histoire d’une amitié qui essaie de se dégager du monde occidental et du paradigme colonial.»
La co-commissaire de l’exposition souligne que le projet d’exposition fait la part belle à un travail de contextualisation historique. «Il ne se veut pas exhaustif, on n’est pas dans une notion géopolitique, mais on cherche à ancrer l’histoire de ce lien qui va beaucoup plus loin qu’une présence économique des Chinois en Afrique, qui date d’une dizaine d’années, et qu’on entend beaucoup dans les médias». Cette exposition œuvre ainsi a montrer d’une manière non exhaustive que cette histoire existe et qu’elle a traversé tout le XXe siècle. Elle remonte même à plus loin. Ainsi, parmi les œuvres présentes dans cette exposition, il y a celle de Musquiqui Chihying qui fait référence à la présence de monnaies chinoises du XVe siècle de la dynastie Ming au Kenya. Cette œuvre essaie, ainsi, de rejouer, de retraduire cette découverte archéologique qui montre que la présence chinoise était réelle en Afrique depuis de nombreux siècles. Et elle essaie de la retraduire pour le contexte actuel de la présence chinoise en Afrique.
Il est également souligné dans la présentation de cette exposition, à propos de l’intitulé «Chine – Afrique» que la «Chinafrique» existe et elle est formulée pour répondre aussi à la «Françafrique». Cette exposition réfléchit dès lors à la manière dont on peut redéfinir cette relation entre la Chine et l’Afrique. Au final, cette exposition s’inscrit dans une manière d’articuler une histoire de l’art qui est plurielle. Elle permet d’écrire une histoire de manière continue, sans enfermer les artistes dans des géographies spécifiques. Cette appellation Chine – Afrique renvoie «à la géographie pour nous en faire sortir. Nous essayons de recomposer une histoire globale».